Vienne, l’allobrogie et la province viennois^. h
cintrées avec des archivoltes saillantes retombant sur des colonnes3- larges chapiteaux. Le toit est extrêmement plat aujourd’hui etremplace heureusement la flèchq aiguë qui existait au dix-sep-tième siècle, à l’imitation de tous les clochers du Nord. Cettetour est réellement une merveille de grâce et de légèreté, et il ene xiste peu de plus élevées dans les constructions romanes. Mais,en revanche, l’église a été odieusement badigeonnée. Pilastres,colonnes, murs et bas côtés ont été peints en imitation de marbreet de bronze doré dans la plus mauvaise manière italienne. C’estce que beaucoup de gens considèrent encore comme un monumentrichement restauré.
Quelques vestiges d’un temple beaucoup plus ancien existentencore à Vienne, presque à l’embouchure de la Gère dans leRhône. Les archéologues croient généralement que ce sacel-luni chrétien, à peine reconnaissable aujourd’hui, remonte aucommencement du cinquième siècle, et qu’il fut construit surRs assises de l’ancien Panthéon et en utilisant les murs princi-paux ou tout au moins les matériaux de l'édifice romain. A vraidire, il ne reste de ce sanctuaire presque contemporain destemps apostoliques que le nom et le souvenir de son fondateur,saint Sévère, et un grand pan de mur sur lequel on peut, à lari gueur, reconnaître quelques fragments de frises ou de cornichestrès dégradées.
Tous ces monuments religieux — Saint-Sévère, Saint-Pierre,Saint-André-le-Bas, Saint-Maurice — sont, à des degrés diffé-rents, dans un véritable état de décadence et presque de décrépitude.Ruinés complètement, déclassés, délaissés et appauvris, ils nePeuvent donner une idée de la fortune dont l’ancienne Église detienne a joui pendant de longs siècles. Le visiteur qui parcourtR grande nef déserte de Saint-Maurice a quelque peine à y retrou-Ver la basilique métropolitaine et primatiale de la Gaule, et à voirdans le modeste desservant de cette humble paroisse le succes-s eur de toute une génération d’archevêques, véritables suzerainsRnrporels dont l’alliance fut recherchée un moment par les roiseu X-mêmes, et qui affirmaient leurs droits et leur rang en siégeant