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SECONDE PARTIE. — CHAPITRE CINQUIÈME.
VI
mier siècle avant notre ère à toute la vaisselle de table et à tousles ustensiles de la vie usuelle, qui étaient presque toujours enterre rouge, est sans doute une preuve du grand développementde la fabrication samienne et de son énorme importation en Italieet dans les provinces.
D’autres fabriques cependant, autant et peut-être plus quecelles de Samos, approvisionnaient Rome et l’Occident. On pour-rait tout d’abord citer, sur notre sol même, les ateliers de potiersde Clermont-Ferrand dans le Puy-de-Dôme, de Vichy dansl’Ailier, du Châtelet dans la Marne, de Banassac dans la Lozère,dont on a retrouvé des ruines et des débris qui présentent unecertaine importance. Quelques traces de fours ont été encorereconnues en Angleterre, dans les comtés de Northampton et deNorfolk, et un beaucoup plus grand nombre un peu partout surles bords du Rhône. Mais, à vrai dire, ce n’étaient que des cen-tres manufacturiers de deuxième ordre, dont la fabrication étaitmédiocre, n’alimentait qu’une région restreinte et ne s’étendaitguère au delà des lieux de production.
Tout autres étaient les grands établissements céramiques donton retrouve des vestiges considérables en Italie, dans tout le paysde Modène, sur plusieurs points de la chaîne de collines qui longele Panaro, à Asta (Asti) et à Pollentia (Pollenza) dans la Ligurie,à Surentum, vis-à-vis de l’île de Caprée dans la Campanie, àSagonte et à Tarragone en Espagne, à Pergame et à Tralles enAsie. La fabrique de l’ancienne ville étrusque d’Aretium, aujour-d’hui Arezzo en Toscane, paraît avoir primé toutes les autres ; etsi la fabrique de Sagonte avait une réputation spéciale pour sesgrandes amphores, celle d’Aretium semble n’avoir pas eu de rivalepour le nombre, la richesse et la variété de ses produits, et surtoutpour l’éclat de sa brillante couverte rouge qui rappelle la bellelaque chinoise ou notre plus fine cire à cacheter. La fabriqued’Aretium était en réalité la principale pourvoyeuse de l’Occident;et c’était bien certainement de ses ateliers que sortaient ces coupesélégantes dont le poète Martial louait la brillante couleur et danslesquelles l’eau prenait si bien l'apparence du vin qu’on était tenté
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