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SECONDE PARTIE. — CHAPITRE CINQUIÈME.
territoires de Sainte-Colombe et de Saint-Romain en Gai, sont letémoignage irrécusable de l’existence d’un faubourg qui avaitpresque l’importance d’une seconde ville.
Un pont en maçonnerie reliait la ville de la rive droite et cellede la rive gauche. On est convenu, sans beaucoup de preuves, à lavérité, d’en attribuer la fondation à Gracchus Tiberius Semproniuspendant le séjour qu’il fit à Vienne, l’an 175 avant Jésus-Christ,alors qu’il se rendait en Espagne. Dans tous les cas, c’était l’undes plus grands et des plus anciens ponts de l’empire. On a mêmeplusieurs fois soutenu que, pendant la période romaine, il y avaitdeux autres ouvrages du même genre mettant en communicationVienne et Sainte-Colombe. Les deux parties de la ville auraient étéainsi réunies par trois ponts. C’était beaucoup pour l’époque. Unseul, d’ailleurs, a subsisté. Plusieurs fois emporté par les grandescrues du fleuve, il a été, pendant tout le cours du moyen âge,l’objet de consolidations et de reconstructions successives, etprésentait, au seizième siècle, comme tous les ponts de l’époque,un caractère à la fois militaire et religieux. Une petite chapelleétait implantée au milieu du pont. On y disait des prières et on ycélébrait la messe pour les passants et les donateurs. Les extré-mités étaient commandées par des ouvrages de défense, tours,herses, ponts-levis. Du côté de Sainte-Colombe, c’était une grossetour flanquée d’échauguettes, qu’on appelait la « clef de l’Em-pire » ; du côté de Vienne, s’élevait un ouvrage à peu près sem-blable, muni d’une forte herse et qu’on appelait la « clef duRoyaume ». Le pont romain et le pont du moyen âge ont tous deuxdisparu, et pendant longtemps un modeste bac à traille a remplacél’ancien monument des premiers âges. Depuis 1829, la communi-cation est assurée par un pont suspendu, solution un peu mes-quine si on la compare au pont en pierre et peut-être aux troisponts de l’époque romaine (1).
(1) Leblan c, Pont du Rhône entre Vienne et Sainte-Colombe. (Congr. arch. deFrance, XLVI" session. Vienne, 1879.)
Bruguier-Roure, Les constructeurs de ponts au moyen âge. Récits légendairesou historiques. Paris, 1875.