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Tome second.
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SECONDE PARTIE. — CHAPITRE CINQUIÈME.

VI

étaient isolés et accessibles de tous côtés, comme on le voitencore au Colisée de Rome et aux magnifiques amphithéâtrespresque entièrement conservés de l’Italie et delà Gaule : Capoue,Vérone, Nîmes, Arles, etc. Les théâtres, au contraire, étaientpresque toujours adossés à une colline que l’on taillait en demi-cercle de manière à y asseoir les gradins des spectateurs ; et lavallée du Rhône a la bonne fortune de posséder à Orange l’undes plus magnifiques spécimens des théâtres de l’époque impériale,dont la scène et les gradins sont dans un état de conservation quileur permet de servir à des représentations modernes.

Si donc il était aussi naturel que facile de creuser la cavea d’unthéâtre dans le flanc escarpé de la colline de Pompeiacum, cettedisposition des lieux se prêtait assez mal à l’établissement d’unvaste amphithéâtre. Ces difficultés n’arrêtèrent cependant pas lesconstructeurs romains; et une partie de l’ellipse extérieure dumonument était bien réellement engagée dans le roc. Des restestrès apparents du gros œuvre ont pu être relevés et mesurés aucommencement du siècle par l’archéologue Schneyder; et si l’onen croit le témoignage du savant Juste Lipse, qui parlait d’aprèsEusèbe, « l'amphithéâtre de Vienne l’emportait autant en gran-deur et en beauté sur celui de Nîmes, que la ville de Vienne elle-même était supérieure à Nîmes en magnificence (i) ».

Le grand axe de l’ellipse était parallèle à la colline ; il mesuraitdans l’intérieur de l'arène 98 mètres; et il semble résulter desnombreux débris, qu’on a malheureusement gaspillés et mutilés,qu’une partie de la décoration extérieure du monument était demarbre, luxe sans autre exemple dans l’Occident.

L'effet d’un pareil édifice élevé sur une terrasse de vingt à,trente mètres au-dessus du fleuve devait être indescriptible etvéritablement unique. Aucun autre amphithéâtre de la Gaule nepouvait lui être comparé; et, dans leur enthousiasme pour leur

( 1 ) Justi Lipsii Admiranda sive de magnitudine romana, libri IV. Anvers,1598 , et De amphitheatra. Anvers, 1585 .

Delokme, Descr. du Musée, n“ 27 , 109 , 132 , 133 , 140 , 141 , 198 .

Sciineyder, Ms. à la bibliothèque de Vienne.

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