Band 
Tome second.
JPEG-Download
 

9 2

SECONDE PARTIE. — CHAPITRE SIXIÈME.

vince viennoise, correspondant à peu près à la plus grande partiedes provinces modernes du Dauphiné, du Faucigny et duChablais.

Les Arvernes, bien autrement importants, occupaient le plateaucentral de la Gaule et paraissent avoir eu une véritable suprématiedans toute la Celtique. C’était incontestablement le groupe le plusnombreux et le plus fortement constitué de la grande fédérationcelto-ligure. La domination des Arvernes paraît devoir êtreplacée chronologiquement de l'an 200 à l’an 121 avant notre ère,et avoir atteint son apogée sous les règnes des deux brenns, chefs ourois, Loueïr (AoueptQç, Luerius, Luterius ) et Bétuit, ou Bitud(Betuitus, Bituitus, Vituitus), les seuls d’ailleurs dont l’histoir enous ait conservé le souvenir et le nom (1).

Strabon, qui en parle d’une manière assez explicite, ne nousdit pas cependant à quelle époque elle avait commencé, ni dequelle manière elle s’était établie. Il y a toujours un peu de con-fusion dans l’histoire des premiers établissements celto-ligureS'Mais cependant il paraît à peu près certain que, vers le secondsiècle qui a précédé notre ère, les Arvernes avaient atteint leur pD sgrande expansion, et que leurs possessions s’étendaient depuis le sPyrénées jusqu’aux Alpes, et delà mer intérieure, où elles confi-naient à celles des Massaliotes, jusqu’à l’Océan et aux rives duRhin ; et il ressort de la plupart des témoignages anciens q uecette espèce d’hégémonie reposait, depuis un certain temps déjà,

(1) Le nom Brennus , qu’ont porté plusieurs chefs gaulois, celui entre autresqui, vers l'an 390 avant notre ère, s’empara de Rome et menaça sérieusement I eCapitole, n’est plus considéré aujourd’hui par tous les philologues comme un noü 1propre, mais comme la désignation d’un titre officiel et honorifique, analogue a 11mot latin rex que les Gaulois possédaient eux-mêmes dans la forme rig ou(rex, rix, rigis, riges), et qui figure fi la fin d’une foule de noms gaulois •Ambiorix, Dumnorix, Orgetorix, Vercingétorix, etc... ( Hist. de Languedoc,

VI. note E. B. — Cf. Am. Thikrry, Hist. des Gaulois; Cæsar,

Gall., pass.)

On peut l’identifier aux mots celtiques brenin, breenhin, brennin, et le ratt®cher étymologiquement fi l’adjectif bry, que les dictionnaires celtiques traduise!’*'par altus (éminent, élevé), et aux substantifs bryn, brynn ( collis, sublimitéscolline, éminence, hauteur), auxquels se rattache fi son tour le substantif breiB'brvent, employé dans le sens de privilegium, privilège, marque de puissanced'autorité au moyen âge. (J. C. Zeuss, Grammatic. celt. Leipzig, 1853.)

et