LE RHONE MODERNE.
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d’ailleurs n’était qu’à l’état d’avant-projet, presque d’indication.Il avait en outre l’inconvénient de solidariser les deux rives et demettre toute la partie inférieure du canal, la plus importante sanscontredit, à la merci d’une rupture, d’un accident ou même d’uneinterruption de service qui aurait pu se produire sur la rive gauchedans le canal de Condrieu à Mornas. On ne tarda pas à l’aban-donner, et on résolut de traverser purement et simplement leRhône à l’une de ses cluses les plus resserrées, en face deViviers, au moyen d’un pont-aqueduc d’une construction beau-coup plus pratique. Ainsi modifié, le projet présentait des condi-tions très acceptables, et les travaux furent déclarés d’utilitépublique par une loi en date du 20 décembre 1879. Mais ce n’étaitlà qu'une sanction toute platonique, rien n’étant définitivementréglé pour les voies et moyens d’exécution (1).
XV
Désireux de s’affranchir de la solidarité des deux rives,M. Chambrelent, inspecteur général des Ponts et Chaussées,présenta un nouveau projet qui divisait la solution en deux (2).Les bases de la répartition de l’eau étaient les mêmes : 12 mètrescubes pour la rive gauche (Drôme et Vaucluse), 23 mètres cubespour la rive droite (Ardèche, Gard, Hérault). Le projet Cham-brelent prenait les 12 mètres cubes affectés à la rive gauche, àl’Isère près de Romans comme le projet Dumont. Ils arrosaientle même périmètre où ils étaient immédiatement dépensés. Quantaux 23 mètres cubes destinés à la rive droite, ils étaient pris sur
(1) Cf. les documents officiels sur le canal d’irrigation du Rhône : Exposé des'motifs. (Journal officiel du 20 février 1877. Annexe n° 772.) —Rapport ati nomde la commission chargée d’examiner le projet de loi ayant pour objet la décla-ration d’utilité publique des travaux à faire pour l’établissement d’un canaldérivé du Rhône en vue de l’irrigation des territoires situés dans les départe-ments de l’Isère, de la Drôme, de Vaucluse, du Gard et de l’Hérault. {Journalofficiel du 21 juin 1877. Annexe 987.)
(2) Canal d’irrigation du Rhône. Journal de l’Agriculture, février 1881.)