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Tome second.
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SECONDE PARTIE.

CHAPITRE ONZIÈME.

M. Dumont reprit son idée et l’étudia plus sérieusement en1869 et 1871. Un premier projet daté de 1874 dérivait 60 mètrescubes sur la rive gauche du Rhône aux Roches de Condrieu etles conduisait à Mornas. Là, le fleuve était franchi par un siphongigantesque de 3 kilomètres de longueur et de plus de 60 mètresde charge ou de flèche. Le canal laissait une dizaine ou une quin-zaine de mètres cubes dans les départements de l’Isère et de laDrôme; et le siphon débitant le reste des 60 mètres cubes emprun-tés au Rhône, débouchait, sur la rive droite du fleuve, près deSaint-Etienne des Sorts. Le canal se prolongeait alors tantôt àdécouvert, tantôt en souterrain jusqu’à Nîmes, Montpellier, Bézierset même jusque dans les plaines du Narbonnais. Il avait environ450 kilomètres de longueur. La dépense approchait de 150 mil-lions; le périmètre arrosable comprenait 170,000 hectares.

Les chambres de commerce et la batellerie protestèrent toutd’abord avec énergie contre ce prélèvement de 60 mètres cubesau Rhône qui, d’après elles, menaçait de compromettre les travauxd’amélioration du fleuve. Une lutte très vive s’engagea entre lesintérêts adverses, la navigation d’un côté, l’agriculture de l'autre;et l’on réussit à faire limiter le débit du canal à 35 mètres cubes,dont 10 seulement à prendre dans le Rhône à Condrieu, les 25autres devant être fournis par l’Isère que l’on aurait dérivée àRomans. Les deux canaux devaient se réunir près de Valence enun seul qui aurait ainsi débité les 35 mètres cubes concédés.12 mètres cubes étaient laissés sur la rive gauche aux départe-ments de la Drôme et de Vaucluse. Les 23 mètres cubes restanttraversaient le Rhône, comme nous l’avons déjà dit, au moyend’un siphon. Une faible partie était laissée à l’Ardèche, presquetout était consacré au Gard ou à l’Hérault.

Au point de vue technique, le projet échappait aux difficultéstrès sérieuses d’un tracé sur la rive droite du Rhône dont l eSfalaises sont très escarpées. On restait aussi longtemps q uepossible sur la rive gauche beaucoup plus hospitalière; mais ^fallait payer cet avantage par une coûteuse traversée du fleuve aumoyen d’un ouvrage assez délicat et sans précédent. Cet ouvrag e