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Tome second.
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NOTES ET PIÈCES JUSTIFICATIVES.

SS3

rante, aux années 1700, 1800 et 1900, années qui sont bissextiles sur lecalendrier Julien et qui sont ordinaires ou communes sur le calendrierGrégorien. Mais la dernière année de chaque période, telle que 2000 dansle cas actuel, reste bissextile sur les deux calendriers.

Les changements ordonnés par le pape Grégoire XIII ont été acceptésen France sans difficulté et y ont été mis en vigueur dès le mois dedécembre 1582. Mais il n’en a pas été ainsi dans les pays protestants etnotamment en Angleterre, où la réforme grégorienne n’a été admise qu’aumois de septembre 1752.

En définitive, quoique les jours de la semaine aient toujours gardé lesmêmes noms en France et en Angleterre, il est arrivé que leurs quan-tièmes ont toujours été différents entre le mois de décembre 1582 et lemois de septembre 1752. Du mois de décembre 1582 au 28 février 1700,la différence a été constamment de 10 unités, parce que l’année 1600 aété'bissextile sur le calendrier Grégorien comme sur le calendrier Julien.Mais ensuite, l’année 1700 ayant été une année commune ou ordinaire surles deux calendriers et par conséquent ayant perdu un jour, la différenceentre les quantièmes s'est élevée à II unités de 1700 à 1800. Enfin, l’an-née 1800, qui a été encore une fois commune ou ordinaire, a élevé cette dif-férence à 12 unités, qui est précisément celle que l’on constate aujourd’huientre notre calendrier et le calendrier des Russes, toujours conforme aucalendrier Julien.

Il y avait donc en 1585, au moment où commençait le procès de MarieStuart, dont l’exécution eut lieu le 8 février 1587, une différence de dixjours entre les quantièmes assignés à un seul et même jour par les calen-driers de France et d’Angleterre; et cette différence est très intéressanteà noter ; car elle a permis récemment de donner, avec pièces authentiquesà l’appui, la preuve lumineuse et mathématique de la falsification deslettres de France adressées à la reine d’Écosse et qui furent le principalargument invoqué pour sa condamnation. (Voir à ce sujet Marie Stuart,le procès, le supplice, 1585-1587, par le baron Kervyn de Lettenhove,Paris, 1889.) Ces lettres contrefaites et interpolées se trouvent à Hart-field telles que les reçut Marie Stuart, et les minutes de ces lettres rédi-gées par l’espion Philipps et produites au procès comme pièces d’accusa-tion existent au Record Office. Il est facile de les comparer. Or, rienn’ayant été changé en Angleterre dans la série des jours de la semaine,ces jours avaient naturellement cessé de correspondre aux quantièmes desjours du mois de France (ou en France) ; et les deux styles, dans celles deces lettres qui sont datées à la fois du jour et du quantième, se traduisentpar cette différence. La perfidie de l’accusation est ainsi manifestementdévoilée.