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Tome second.
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II

SUR LA DÉVIATION D’UNE MOLÉCULE FLUIDE SOUS L’INFLUENCEDU MOUVEMENT DE ROTATION DE LA TERRE

Le phénomène de la déviation d’un courant fluide sous l’influence dumouvement de rotation de la terre, signalé à propos des fleuves (page 269),se retrouve, beaucoup plus caractérisé, dans les grands courants gazeuxde l’atmosphère, dits « vents alizés». On sait que ces vents sont dus à ladifférence de température entre les pôles et l’équateur. Le sol des régionstropicales, qui absorbe en grande quantité les radiations solaires, échauffel’air qui se trouve à son contact, le dilate et le rend plus léger. Par suitede cette diminution de densité, celui-ci s’élève, produisant ainsi à l’équa-teur une vaste cheminée d’appel sur laquelle se précipite, rasant le sol,l’air des couches basses de l’atmosphère, tandis que dans les coucheshautes, au contraire, l'air chaud est appelé vers les pôles par la conden-sation que le froid y produit.

C’est cette circulation qui constitue le phénomène des alizés inférieurset des contre-alizés supérieurs.

M. Faye, observant que la réfraction astronomique est la même àl’équateur que dans les zones tempérées, ce qui tend à prouver que lasuperposition statique des couches atmosphériques ne peut être troubléepar ce tirage colossal (1), faisant remarquer d’autre part qu’il n'existe pasde traces d’un relèvement vertical des alizés aux confins de la zone tropi-cale, explique autrement le fonctionnement de la chaudière équatoriale etdu condenseur polaire. L’air en équilibre est distribué en couches homo-gènes de densités décroissantes dans le sens de la hauteur, et limitées auxsurfaces de niveau idéales qui entourent le globe terrestre. A l’équateur,la couche basse est échauffée par le sol, se dilate et soulève les couchessupérieures au-dessus de leurs surfaces de niveau. L’équilibre étantrompu, il tend à se rétablir par l’écoulement de ces couches vers les ré-gions polaires, « écoulement qui se fera à la manière des courants de la-mer, comme si d’immenses fleuves avaient pour lits les surfaces de niveaudont nous venons de parler. Par contre, les zones tempérées et froides

(1) La théorie de la réfraction astronomique repose sur l’hypothèse du paral-lélisme des couches atmosphériques de différentes densités. Or, ses résultats sontconformes à ceux de l'expérience. C'est un argument en faveur de l’hypothèseen question. (Faye, Cours d’astronomie de l’École Polytechnique, tome I.)