IV
SUR LES DIGUES DE DÉFENSE CONTRE LE RHONE
La construction et l’entretien des chaussées latérales au Rhône parais-sent remonter au douzième ou au treizième siècle ; mais on manque dedocuments précis sur l’organisation des premiers travaux de défense. Onsait seulement que l’autorité suprême nommait des agents spéciaux appeléslevadiers, sorte de commissaires royaux, ayant pour mission de contraindreles riverains à entretenir les chaussées chacun en sa frontière. Le principeappliqué était donc celui de la défense individuelle; et l’idée de réunirles intéressés en associations syndicales ayant une vie propre est toutemoderne. Il résultait forcément de ce morcellement de l’entretien desdigues que la ligne de défense n’était pas continue, qu’elle présentait deslacunes nombreuses ; et les parlements, malgré leurs arrêts, avaient laplus grande peine à vaincre la force d’inertie de la plupart des popula-tions riveraines.
Aujourd’hui, une digue non interrompue part de la Montagnette, situéeau Nord de Tarascon, sur la rive gauche du Rhône, et se prolonge jus-qu’à la mer. Sur la rive droite, la digue commence seulement à Beaucaireet s’étend aussi jusqu’à l’embouchure du petit Rhône. La Camargueenfin est complètement entourée sur ses trois côtés.
La digue insubmersible de la Montagnette est toute moderne ; elle a4,560 mètres de développement, et est administrée par un syndicat spé-cial dont les premiers règlements ne remontent qu’au 15 prairial an XIII.
La ville et la banlieue de Tarascon sont défendues par une digue ap-pelée digue du château, par le quai de ceinture de Tarascon et la chausséeinsubmersible du chemin de fer. En outre, la ligne du chemin de fer estétablie sur un remblai qui forme défense contre les eaux de retour. L’en-semble de ces digues présente un développement de 5,720 mètres.
La plaine du Trébon, située au Nord d’Arles, était défendue jusqu’àces derniers temps par une digue insubmersible de 15,000 mètres; ellel’est aujourd’hui par la chaussée du chemin de fer, qui a 13,700 mètresde développement. L’organisation du syndicat du Trébon remonte audouzième siècle, mais aucune pièce authentique n’a été trouvée antérieu-rement à l’année 1806.
Le syndicat d’Arles administre la digue de défense qui a été construite.autour de la ville, et qui se soude aux digues du Trébon et du Plan duBourg.