(.E KIîEML ET LE FAUBOURG ALLEMAND.
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en Russie, le secret de ces coups d’État administratifs, bons àremuer des humanités entières. Les exilés novgorodiensétaient allés à Moscou, où on leur avait fait de la place enenvoyant à Novgorod autant de Moscovites fidèles et dociles,— punis pour leur docilité. Il se trouvait, parmi ces nouveauxvenus, des marchands hanséates, et ceux-ci avaient formé lepremier noyau d’une colonie étrangère sur les bords de laMoskva. Mais on ne tardait pas à s’y apercevoir que la présencede ces étrangers souillait la cité. Il convenait alors déjà aupatriotisme local que Moscou fût ville sainte, et même la Mos-covie tout entière participait, comme aujourd’hui, à cettebéatification. Hors des portes enfermant la capitale, dans lapartie nord-est de la ville actuelle, où, entre les rues Basman-naïa et Pokrovskaïa, se trouvent encore de nos jours la plu-part des églises protestantes et catholiques, sur la rive boueusede la laouza, maigre affluent de la Moskva, il y eut alors unesorte de ghetto affecté aux Niemtsy, gens ne parlant pas lalangue du pays, muets par conséquent, niemoï voulant diremuet. Les marchands hanséates n’y prospérèrent pas; mais,au seizième siècle, le tsar Vassili y parqua sa garde, composéede Polonais, de Lithuaniens et d’Allemands. Les successeursde Vassili ne se contentèrent pas de demander à l’étranger dessoldats ; ils voulurent en tirer des ouvriers, des artistes etbientôt des maîtres d’école. Dans le livre curieux d’Adelung,une estampe nous montre l’aspect primitif du faubourg, oùs’entassaient tous ces immigrés, que des ordonnances succes-sives y refoulaient et y enfermaient sévèrement. Ce n’étaitencore qu’un village aux maisons de bois sommairement con-struites avec des troncs d’arbres recouverts de leur écorce,aux vastes potagers entourant les habitations. Cet aspectchangeait rapidement, et aussi la qualité des habitants. SousAlexis, la Niemielskaïa Sloboda n’a d’allemand que son nom,le sobriquet Niemiets restant pour compte aux premiers occu-pants du faubourg, d’origine germanique. Des Anglais et desÉcossais y tiennent maintenant la première place, et, lesproscriptions du protectorat cromwellien aidant, il y a parmi