CHAPITRE III
LE MONASTÈRE DE LA TROITSA.
I. Le gouvernement de la Régence. — Ses mérites. — Causes de faiblesse. —Les déceptions et les rancunes. — Dans le vide. —La diversion à l’extérieur.
— Les campagnes de Grimée. — Désastres. — Retour de Galitsine. — Sou-lèvement de l’opinion. — Le parti de Pierre en profite.* — Le KremI et lecamp de Préobrajenskoïé. — Sophie tient tête à l’orage. — Le conflit. —IL La nuit du 7 août. — Attentat ou ruse de guerre? — Fuite de Pierre. —Le monastère de la Troitsa, — L’archimandrite Vincent. — Boris Galitsine.
— Organisation de la lutte. — III. Pourparlers et manœuvres. — À quil’armée?—Vaillance de Sophie. — Défaillance de Vassili Galitsine. — Ladéfection. —- Soumission du régent. Il vient à la Troitsa. — L’exil. — Inter-rogatoires et supplices. — Sophie se reconnaît vaincue. — Le cloître. — Lenouveau régime. — Les compagnons de Pierre au pouvoir. —* La réaction. —L’avenir.
I
Justifiée, sinon motivée directement par le jeune âge dePierre, la régence de Sophie pouvait, en 1689, se promettrequelques années encore de durée plus ou moins légitime.Pierre entrait seulement dans sa dix-huitième année, et aucuneloi en Russie n’a, comme celle de Charles V en France, avancépour les souverains l’heure de la maturité politique. D’im-patientes ambitions brusquent la marche du temps. Ce nesont pas celles de Pierre lui-même. Impatient et ambitieux depouvoir, il l’est si peu encore que l’événement ne changerarien de longtemps à ses occupations antérieures.
Inaugurateur d’une gynécocratie, destinée à devenir avantpeu le régime à peu près constant en Russie, pendant prèsd’un siècle, — de Catherine première à Catherine seconde, —le gouvernement de Sophie et de son corégent ne me parait