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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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COLLABORATEURS, AMIS ET FAVORIS.

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sier, qu’on lui a également attribuées, ne sont pas de lui cer-tainement. Il est également demeuré étranger, quoi qu’on enait dit, à la fondation de l’Académie des sciences de Pétersbourg.Pour organiser et diriger cet établissement, Pierre a songé àun autre Allemand, Christian Wolff, mais s’est heurté de cecôté à un refus. Cet émule de Leibnitz trouvait le climat deSaint-Pétersbourg trop froid et les fonctions de directeur d’Aca-démie insuffisamment rétribuées. Il se prononçait d’ailleurspour le remplacement de l’Académie par une Université.« Berlin a son Académie des sciences », disait-il; « il n’ymanque que des savants (I). » Se dérobant lui-méme, il s’estcontenté de recommander au Tsar quelques-uns de ses amis,Bernoulli, Bülfinger, Martini, élite laborieuse, sinon transcen-dante, dont le berceau de la science en Bussie s’est trouvé en-touré à son grand avantage.

C’est un rapport de Fick, personnage obscur, ancien secré-taire du duc de Luxembourg, qui a servi de base au plan défi-nitivement adopté par Pierre pour son Académie. Les projetsde Leibnitz allaient beaucoup trop loin pour lui, dépassaient laportée de son regard et probablement aussi la mesure des pos-sibilités, eu égard au temps et au milieu. En réalité, Pierren’a adopté aucune des vues très larges, trop larges, du grandsavant. Absorbé jusqu’en 1716 par les préoccupations de salutte avec la Suède, il n’a prété à toutes ses propositions qu’uneoreille distraite. Un semblant d’intimité intellectuelle et de cor-respondance scientifique entretenue avec le concours de Brucelui a suffi. Peut-être aussi s’est-il senti indisposé et mis engarde contre ce collaborateur par ce qu’il a aperçu d’équi-voque et de peu digne dans son attitude. Le courtisan et lesolliciteur ont masqué à ses yeux l’homme génial.

Le grand semeur d’idées que fut Leibnitz n’a pourtant paspassé en vain dans le sillon tracé par la charrue du grandBéformateur; le grain jeté à poignée par sa main prodigue abien paru emporté par le vent et égaré dans l’espace ; il se

(I) Briefe von Christian Wolff, Pétersbourg, 1860; Piekarski, Histoire de lascience et de la littérature en Russie , t. ï, p. 33.