Buch 
Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
Entstehung
Seite
328
JPEG-Download
 

328

L’OEUVRE.

première campagne en qualité d’envoyé du roi de France,en fait ce portrait :

« Le roi de Suède est de belle taille, plus grand que moi« de presque toute la tête. Il a la physionomie très belle, de« beaux yeux, un beau teint, le visage long et un parler un« peu gras. Il porte une petite perruque, dont les cheveux« sont noués par derrière dans une bourse. Il n’a qu’un col« de cravate, un justaucorps fort étroit de drap tout uni, les« manches étroites comme celles de nos vestes, un petit cein-« turon dessus son justaucorps, avec une épée d’une longueur« et d’une grosseur extraordinaires, et des souliers quasi toutd plats, ce qui fait un habillement fort bizarre pour un prince« de son âge (1). « Description trop sommaire et trop exté-rieure. Celle de l’envoyé anglais Stepney, que je relève à quel-ques années de là, paraîtra plus expressive : « C’est un grand« et bien fait monarque, mais assez malpropre. Les manières« sont plus rustiques qu’on ne saurait l’imaginer dans un« jeune homme. Afin que l’extérieur de ses quartiers n’en« démentît l’intérieur, il a choisi le lieu le plus sale de la« Saxe et une des plus tristes maisons. L’endroit le plus“ propre et net est la cour devant la maison, où chacun doit« mettre pied à terre en descendant de cheval où l’on s’en-« fonce dans la boue jusqu’aux genoux. C’est là où sont ses« propres chevaux, qui à peine ont des licous avec des sacs« au lieu de couvertures de cheval et sans râtelier ou crèche.« Ils ont le poil hérissé, le ventre rond, la croupe large et les« queues mal entretenues avec le crin inégal. L’écuyer qui en« a le soin ne paraît pas mieux couvert ni mieux nourri queci les chevaux. Il y en a un de ceux-ci toujours sellé pour le« monarque, qui saute dessus et court constamment tout seul» et galope avant qu’aucun autre puisse le suivre. Il fait par-ie fois dix ou douze milles d’Allemagne en un jour, qui sont<i quarante-huit ou cinquante milles d’Angleterre, et cela« même en hiver, se crottant avec de la boue comme un pos-

(1) Dépêche du 19 août 1699. (Aff. étr. de France. — Suède.)