DE LA BALTIQUE A LA CASPIENNE.
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en Scanie, et la présence des deux autres flottes, quoiquepurement démonstrative, n’en est pas moins faite pour donneraux alliés un puissant appui moral. L’entente cessera, mal-heureusement, au moment précis où la coopération effectivedevra commencer. De part et d’autre on se soupçonne et ons’accuse de desseins étrangers à l’entreprise projetée. Pierre abeau déployer tout son esprit d’initiative et toute son énergie,courant à Stralsund pour hâter l’arrivée des transports danoisqui font défaut, risquant des reconnaissances périlleuses sousle feu des batteries ennemies. Sa chaloupe, Princesse, est per-cée par un boulet. Le mois de septembre arrive avant qu’onait bougé, et l’état-major russe est unanime alors a déclarerqu’il y a lieu de remettre l’expédition à l’été prochain. Aussitôtc’est un toile général parmi les alliés : Pierre a jeté le masque ;il s’est entendu avec les Suédois pour un partage de la Pomé-ranie et du Mecklembourg ! Il n’est venu en Allemagne quepour cela ! Peut-être même en veut-il à Copenhague ! La capi-tale est mise en état de défense. Les bourgeois de la villeA reçoivent une distribution d’armes. Le Hanovre, qui a vu d’unœil jaloux l’installation d’une princesse russe en terre alle-mande, au point d’offrir au Tsar l’alliance de l’Angleterre et lacoopération effective de la flotte anglaise en échange d’unerenonciation de sa part au mariage mecklembourgeois, semontre le plus irrité. Le roi Georges alla, affirme-t-on, jusqu’àvouloir envoyer à l’amiral Norris, qui commandait ses bâtimentsdans les eaux danoises, l’ordre de s’emparer de la personnedu souverain russe et de couler son escadre (1). Stanhope,chargé de la commission, prétendit en référer aux autresministres, ses collègues, et donna au souverain le temps de secalmer; mais Pierre prit ses alliés en dégoût. Il ordonna à sestroupes d’évacuer le Danemark surRostock, Chérémétief s’éta-blissant dans le Mecklembourg avec le gros de ses troupes, etil s’en fut à Amsterdam, où Gœrtz l’attirait, ouvrant devantses yeux des horizons nouveaux.
(1) SIauOK, Hist. of England, t. I, p. 338; DnOïSES, loc. cit., p. 174; Solo-uef, t. XVII, p. 64.