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L’OEUVRE.
IV
Ministre du duc de Holstein avant d’être celui de Charles,Gœrtz a essayé d’abord de sauver les intérêts de son maître dela crise où ils paraissaient devoir sombrer avec la fortune duroi de Suède. Il a négocié avec la Prusse, le Hanovre et le roide Pologne, pour s’assurer une part dans les dépouilles dugrand vaincu, avec le Tsar pour faire épouser au duc de Hol-stein une princesse moscovite et le placer ensuite sur le trônede Suède. Il a trahi ainsi par anticipation son maître futur etn’a gagné à ces démarches que la plus mauvaise réputationdiplomatique de l’Europe. C’est pourtant avec une sincéritéentière que, les alliés l’éconduisant et les Danois occupant leHolstein sans opposition d’aucune part, il s’est rejeté sur lehéros suédois retour de Turquie. Chercher le salut du Hol-stein dans le triomphe de ce dernier; pour cela, réduire lenombre de ses ennemis, isoler le Danemark, jeter le préten-dant dans les jambes de Georges de Hanovre et traiter alorsdirectement avec le Tsar, avec la Prusse même, si possible, ense servant de la médiation française, tel est le plan auquel ils’est arrêté maintenant.
En arrivant en Hollande, où Gœrtz séjourne depuis le moisde mai 1716, Pierre n’est pas éloigné de prêter l’oreille à sessuggestions. Le médecin écossais Ereskins, un partisan duprétendant que Gœrtz a réussi à placer auprès du Tsar, l’a tra-vaillé en ce sens. Quant au concours de la France, il paraîtassuré : le plan de Gœrtz ne fait, au fond, que dégager l’idéemaîtresse du dernier traité franco-suédois, celui du 13 avril1715. La France s’y est engagée à appuyer Charles XII dansses efforts pour la récupération de son domaine transbaltiqueet le duc de Holstein-Gottorp dans ses réclamations. Ainsiqu’on l’a fait observer, l’idée de Gœrtz est de marque française