L’APOGEE.
EN FRANCE.
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« sieur Lefort, agent de ce prince... Un plus grand nombre« d’autres, qui ne sont point à la paye et à qui on s’était« engagé à Paris de fournir des fonds pour les établir, par« l’inexécution de cette promesse, se trouvent dans une grande« misère (I). » Un officier du nom de La Motte jugera mêmeà propos, en retournant dans son pays, de publier à ce sujetun « Avertissement au public » , qui fera grand bruit (2).
Mais l’impulsion est donnée, et le nombre des immigrantss’accroît d’année en année dans la nouvelle capitale du Nord,au point d’v inquiéter les agents diplomatiques des autrespuissances. Le résident hollandais, de Bie, jette des crisd’alarme (3). A Paris, en même temps, Lefort, un neveu ducompagnon de jeunesse de Pierre, s’entremet, avec le concoursdu chancelier Pontchartrain, pour la formation d’une compa-gnie de commerce franco-russe. L’affaire sombre malheureu-sement au moment d’aboutir : l’entremetteur est arrêté pourdettes. A cet égard, une fatalité semble poursuivre les modestesdébuts d’une entente destinée h un si brillant avenir. Lefort apour successeur un sieur Hugueton, qui se faisait appeler barond’Odik, et en qui le ministère français découvre en y regardantde près un gibier de potence, « un banqueroutier de Londres,
« que le Roi aurait fait pendre avec justice si le roi d’Angle-<> terre avait eu égard aux instances qui lui ont été faites pour« ravoir ce malheureux, qui avait cherché un asile à Londres ».Puis, c’est, du côté de la France cette fois, une intervention man-quée du comte de La Marck, chargé secrètement en 1716 parle duc d’Orléans de rejoindre le Tsar aux eaux de Pyrmont etd’éprouver la solidité des engagements qui le lient avec les enne-mis du Roi (4). Ce nouveau messager de paix se met en grandsfrais de préparatifs diplomatiques, à coups de mémoires, pro-jets préliminaires, etc. Quand il a fini, Pierre a quitté Pyrmont.Il semble qu’en marchant ainsi on n’ait pas grande chance
(1) Pétersbourg, 3 janvier 1718. Aff. étr. de France.
^2) Cologne, 1704. La brochure provoque de nombreuses répliques et contre-répliques.
(3) Dépêches des 3 et 6 août 1714. Archives de la Haye.
(4) Instruction du 18 juin 1716. Aff. étr. de France.