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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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L’OEUVRE.

d’aumônier dans le régiment de Marsillac et s’était fait chasserpour inconduite. Je le vois constamment en querelle avec sesouailles de Saint-Pétersbourg. Il veut pénétrer de force chezFrançois Yasson, fondeur au service du Tsar qui lui a défendusa porte, et madame Vasson lui barrant le passage, il la traitede « voleuse » et de « coureuse d’armées » , et finit par la mal-traiter si fort qu’elle est obligée de prendre le lit. Il lance pu-bliquement les foudres de l’excommunication sur le peintreCaravaque et déclare nul son mariage avec mademoiselleSimon, parce que les bans en ont été publiés ailleurs qu’à lachapelle du Vassili-Ostrow. Il enjoint à la mariée de quitter lelit conjugal, et, sur son refus, la poursuit avec un recueil dechansons obscènes et diffamatoires, qui font l’objet d’un pro-cès porté devant la juridiction du consulat français. Dans saplaidoirie, le Corcfelier se targue de pouvoir parler sciemmentdes disgrâces secrètes de la fille Simon, « en ayant eu une par-« faite expérience avant son illégal mariage (1) ».

Indépendamment de ces désordres intimes, le sort de lacolonie n’est d’ailleurs pas enviable à beaucoup d’égards.Après trois années de service, récompensés par la croix deSaint-André sans aucun appoint pécuniaire, Lambert de Guérinest réduit à vendre tout ce qu’il possède pour échapper à lamisère et payer son voyage de retour en France. En 1717, ilécrira au duc d’Orléans : « Je me trouve fort heureux d’être« sorti sain et sauf des États de ce prince (Pierre I er ) et de me« trouver dans le plus florissant royaume de l’univers, où du« pain et de l’eau valent mieux que toute la Moscovie. » Etson cas n’est pas isolé, car, dans un rapport adressé en 1718à Dubois par l’agent commercial La Vie, je lis ces lignes :« L’état d’un grand nombre de Français, qui sont venus s’éta-« blir en ce pays (en Russie), me paraît si triste que je me« trouve obligé d’en informer Y. G. Vingt-cinq de ceux qui« étaient aux gages du Tsar ont été congédiés du service,

« nonobstant les conventions qu’ils ont faites à Paris avec le

(1) Dossiers du Consulat de France à Saint-Pétersbourg, juillet 1720. Aff. étr.de France.