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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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L’APOGEE. — EN FRANCE.

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nime au point que Liboy voit déjà le voyage « rompu ». On nesait plus du tout combien de temps le Tsar voudra rester àCalais, ni même s’il se décidera à continuer la route. A ce mo-ment, — on est déjà au 2 mai, — Liboy reçoit un coadjuteurde marque dans la personne du marquis de Maillv-Nesle. AParis, on veut que ce jeune seigneur soit allé à la rencontredu souverain moscovite sans avoir eu pour cela aucune com-mission ; il a prétexté « une prérogative ancienne dans sa mai-« son d’aller au-devant des rois étrangers quand ils entrent en« France par la Picardie », et a trouvé moyen, tout ruiné qu’ilsoit, d’emprunter mille pistoles, pour sauvegarder la tradition.Un correspondant du duc de Lorraine, qui se fait l’écho de cespropos, y ajoute d’autres traits, où paraissent curieusement lesidées qui avaient cours dans la capitale sur le compte de l’bôtequ’on s’apprêtait à y recevoir : de Mailly prétendant monteren carrosse avec le Tsar, celui-ci l’en aurait chassé à coups depoing ; le souverain moscovite aurait répondu à une observa-tion par un soufflet, etc. (1).

En réalité, le marquis est régulièrement commissionné parle Régent, et la malignité publique s’est gratuitement égayéeaux dépens du jeune homme ; son rôle ne s’en trouve pasmoins assez ingrat. Pour commencer, il tombe mal, car c’estla Pâque russe, et la suite du Tsar se trouve empêchée de lerecevoir comme il a pu s’y attendre : elle est ivre morte. Lesouverain reste seul debout et à peu près dans son état ordi-naire, « bien qu’il soit sorti incognito à huit heures du soir.« raconte Liboy, pour aller boire avec ses musiciens logés« dans un cabaret ». Mais le cabaret et la compagnie qu’il y atrouvée le disposent mal évidemment à recevoir le complimentdu marquis. Même les jours suivants et à jeun, il le trouveratrop élégant. A défaut de coups de poing, il lui décochera desépigrammes, s’étonnera de le voir changer de costume tous lesjours : « Ce jeune homme ne peut donc trouver un tailleurpour l’habiller à sa guise? » L’humeur du Tsar s’est, d’ailleurs,

(1) Lettres de Sergent, Bibliothèque nationale, Collection de Lorraine,vol. 574 (manuscrits).

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