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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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I/OEUVRE.

prend le parti de faire droit aux exigences de Sa Majesté Tsa-rienne en lui envoyant le petit roi. Cette fois il descend jusquedans la cour, reçoit le royal enfant à la portière du carrossequi l’amène et marche de front avec lui, en prenant la gauche,jusqu’à sa chambre, où deux fauteuils égaux ont été préparés,celui de droite revenant au Roi. Echange de complimentspendant un quart d’heure, toujours par l’intermédiaire deKourakine; puis le Roi se retire, et alors, dans un brusquemouvement qui lui fait oublier l’étiquette et le rend à sasimplicité naturelle, Pierre saisit l’enfant, le soulève entre sesbras robustes et l’embrasse en l’air. A en croire Saint-Simon,« le Roi ne fut pas du tout effrayé et se tira très bien d’af-« faire » , Pierre écrivant de son côté à sa femme : « Je vous« annonce que lundi dernier j’ai eu la visite du petit Roi d’ici,« qui a deux doigts de plus que notre Lucas (un nain favori),ü enfant extrêmement agréable par la taille et la figure etü assez intelligent pour son âge. «

La visite est rendue le lendemain avec le même cérémonial,minutieusement discuté et réglé à l’avance. Voici le Tsar librede ses mouvements. Il en profite largement, se mettant aussi-tôt à courir par la ville en simple touriste et dans le plus mo-deste accoutrement, « vêtu, rapporte Ruvat, d’un surtout de« bouracan gris assez grossier, tout uni, avec une veste« d’étoffe de laine grise, dont les boutons sont de diamants,ü sans cravate et sans manchettes ni dentelles aux poignets de« sa chemise » . Il porte encore : « une perruque brune à l’es-« pagnole, dont il a fait rogner le derrière pour lui avoir paru« trop longue et sans être poudrée,... un petit collet à son« surtout, comme celui d’un voyageur, et... un ceinturonu garni d’un galon d’argent par-dessus son surtout, auquel« pend un coutelas à la manière des Orientaux « . Après ledépartdu souverain, ce costume sera quelque temps àla mode,sous le nom à'habit du Tsar ou du Farouche. Il visite les éta-blissements publics et entre dans les boutiques, frappant par-tout ceux qui ont affaire à lui par la familiarité de ses manières,laquelle n’exclut pas un air de grandeur, la brusquerie de ses