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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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L’APOGEE.

EN FRANCE.

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« l’usage et le langage du monde, fort accoutumé aux étran-« gers'par ses voyages et ses négociations... C’était son vrai« ballot, n Pourtant, les préférences du Tsar vont aussitôt àl’adjoint qu’on a donné au maréchal, un comte de Verton,maître d’hôtel du Roi, « garçon d’esprit fort, d’un certain« monde, homme de bonne chère et de grand jeu » . Le Tsardonne de la besogne et de la tablature à tous deux.

Pour commencer et pendant trois jours, il se fait une prisonde l’intérieur de l’hôtel. On devinesa curiosité devant les mer-veilles h peine entrevues de la nouvelle capitale, ses impa-tiences d’homme si extraordinairement remuant et toujours sipressé. Il se contraint, il se fait violence : il entend êtred’abord visité par le Roi. On n’a pas prévu cette prétention. Onl’a toujours connu beaucoup plus accommodant ou plus insou-ciant, peu disposé aux façons. A Berlin, en 1712, il a pris di-rectement le chemin du château et a surpris le Roi au lit.A Copenhague, en 1716, il s’est introduit de vive force auprèsde Frédéric IV, à travers une double haie de courtisans, luibarrant le passage, à raison de l’heure avancée choisie par luipour cette irruption. Mais, dans l’une et l’autre de ces capi-tales, toutes ses allures ont été à l’avenant, familières, cava-lières et parfois passablement incongrues (1). Apparemment,il s’est mis en tête l’idée d’une différence profonde entre cescours souvent fréquentées par lui et celle qu’il aborde mainte-nant, et il est ici tout à fait différent, très sur ses gardes, mé-fiant, méticuleux et rigide observateur d’une étiquette dontil prétend d’ailleurs dicter les lois.

Le lendemain de son arrivée, le Régent vient le compli-menter. Il fait quelques pas au-devant du visiteur, l’embrasse« avec un grand air de supériorité » , dit Saint-Simon, lui in-dique la porte de son cabinet, y passe le premier, « sans autre« civilité « , et prend siège « au haut bout » .

L’entrevue, qui dure une heure, Kourakine faisant officed’interprète, a lieu un samedi; le lundi suivant seulement on

(1) Sbobkik, t. XX, p. 57-63.