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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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L’OEUVRE.

cesses, il leur fait dire de rester chez eux. Les duchesses deBerry et d’Orléans l’ayant complimenté par leurs e'cuyers, ilconsent à les visiter au Luxembourg et au Palais-Royal, maistoujours « en montrant beaucoup de supériorité » . Les autresprincesses ne l’aperçoivent que de loin, « en voyeuses », et,parmi les princes, le comte de Toulouse seul lui est présenté,et seulement en qualité de grand veneur, à Fontainebleau, où ilest chargé de le recevoir. Le duc du Maine à la tête des Suisses,le prince de Soubise à la tête des gendarmes, figurent bien àune revue à laquelle on le convie et où trois mille carrossesremplis de « voyeurs » et de « voyeuses » entourent le champdes manœuvres ; mais il ne leur fait aucune « honnêteté » , nià pas un des officiers présents.

Le 21 mai, il va au Grand Bercy, chez Pajot d’Ons en Bray,directeur de la poste, et y passe la journée à examiner de cu-rieuses collections, en compagnie du célèbre Père Sébastien,Jean Truchet de son vrai nom, physicien et mécanicien degrand mérite. Il traite le savant Carme avec la plus grandedistinction; mais la duchesse de Rohan, qui est à sa maisondu Petit Bercy et qui accourt pour le voir, sort tout éploréeet se plaint à son mari : à elle non plus le Tsar n’a fait aucunehonnêteté.

— Eh! qu’aviez-vous, madame, à attendre une honnêteté decet animal-là! réplique le duc, assez haut pour être entendud’un des seigneurs moscovites qui d’aventure comprend lefrançais et qui relève le propos en termes assez vifs (I).

Saint-Simon a vu le souverain chez le duc d’Antin et l’aexaminé à son aise, ayant demandé à ne pas être présenté. Ill’a trouvé « assez parlant, mais toujours comme étant par-<i tout le maître ». Il a remarqué le tic nerveux qui à un mo-ment contracte ses traits et en altère l’expression. De Tessé luia dit que l’accident se renouvelait plusieurs fois par jour. Laduchesse d’Antin et ses filles étaient présentes; mais le Tsar« passa fièrement devant elles », sans autre civilité qu’un

(1) Sergext, lettre du 29 mai 1717.