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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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LAPOGÉE. EN FRANCE.

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goûté la chasse à courre ; mais il a soupe si bien quau retourle duc dAntin a jugé à propos de lui fausser compagnie enmontant dans un autre carrosse. Il na pas eu tort, car, raconteSaint-Simon, le Tsar laissa voir dans le sien quil avait tropbu et trop mangé. A Petit-Bourg, il sest arrêté pour lanuit, on a fait venir deux femmes du village pour le nettoyer.

Se ressentant de ces incidents, sans doute exagérés par lachronique, limpression générale au départ du Souverain resteincertaine, mais plutôt défavorable. « Je me souviens », écriraVoltaire dans une de ses lettres, « davoir entendu dire au« cardinal Dubois que le Tsar nétait quun extravagant,« pour être un contremaître dun vaisseau hollandais (I). »Cest à peu près lopinion formulée par Burnet vingt ans aupa-ravant, pendant le séjour du grand homme à Londres. Siferme habituellement dans ses partis pris de blâme ou delouange, Saint-Simon lui-méme se montre hésitant. Lauteurdes Mémoires contredit celui des Additions au Journal de Dan-geau. Plus spontanée, la note des Mémoires paraît aussi plussincère et ne tourne pas à léloge, et même dans les Addi-tions, lapprêt et la convention se laissent sentir, « les orgies« indécentes » sont rappelées, et signalée aussi « une forte em-« preinte dancienne barbarie (2) » .

En prenant congé du Roi, Pierre naccepte de sa part quedeux magnifiques tentures des Gobelins. Il refuse, pour uneraison détiquette encore, « une belle épée de diamants ». Etil dément, dune façon imprévue, les habitudes parcimo-nieuses qui ont beaucoup contribué à indisposer à son égardlopinion de la capitale. Je lis dansMne lettre de Sergent : « Leii Tsar, à qui on a reproché pendant son séjour ici son peu de« générosité, en a donné des marques éclatantes le jour deii son départ; il a donné 50,000 livres pour distribuer aux« officiers de la bouche qui lont servi depuis quil est entré« en France ; 30,000 livres pour sa garde ; 30,000 livres pour« distribuer dans les manufactures et usines royales quil a

(1) À Cbauvelin, 3 octobre 1760. Corresp. gén. } t. XII, p. 123.

(2) Dangeau, t. XVII, p. 81.