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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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L’APOGÉE. — EM FRANCE.

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III

Deux raisons principales s’opposaient à l’alliance politiqueet commerciale que Pierre est venu cherchera Paris : le traitéde subsides (150,000 écus par trimestre) qui, signé en avril1715, liait la France à la Suède jusqu’en 1718; les liaisonspersonnelles du Régent avec le roi d’Angleterre. Des négocia-tions ont bien été entamées aussitôt après l’arrivée du Tsar;mais le maréchal de Tessé, chargé de les suivre de concertavec le maréchal d’Uxelles, s’apercevait aussitôt qu’ellesn’avaient d’autre objet, dans la pensée de son gouvernement,que de « voltiger » et d’amuser le Souverain moscovite jus-qu’à son départ (I), en même temps qu’elles serviraient àtenir l’Angleterre en haleine, en rendant son amitié plus sûre,et à inquiéter la Suède, en rendant sa politique plus docile.Pierre avait beau aller de l’avant avec beaucoup de résolutionet une éntière franchise. Carrément, il offrait de se substituerà la Suède dans le système des alliances qui avait garantijusqu’à présent l’équilibre européen. Comme elle, il ferait desdiversions et toucherait des subsides. C’était bien, mais il con-venait de s’entendre sur les chiffres, et la discussion traînaitpendant des semaines sur ce point préliminaire. Quand elleétait épuisée, la Prusse entrait en scène, demandant, par l’in-termédiaire de son ministre, baron de Gnyphausen, à êtrecomprise dans le traité. C’était parfait encore ; on lui accor-derait la garantie de la France et de la Russie pour la posses-sion de Stettin ; mais il convenait de modifier la rédaction duprojet d’alliance antérieurement arrêté. Pierre aiguillonnait ànouveau ses plénipotentiaires et ses secrétaires, et le Régent lelaissait faire : il avait reçu de Berlin un avis qui le mettait en

(l) De Tessé, Mémoires, Paris, 1806, t. Il, p. 319.