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L’OEUVRE.
repos quant aux conséquences de cette dépense d’encre. L’in-strument arrivant à être prêt et n’attendant plus que les signa-tures, on s’apercevait qu’on avait travaillé pour rien : Cnyp-liausen n’avait pas de pouvoirs ! Et le Tsar devra partir lesmains vides.
Le Régent s’est moqué du souverain moscovite ; mais deTessé n’était pas sans inquiétudes sur les suites, plus lointaines,de cette déconvenue. Mortifié et découragé, le Tsar ne serait-ilpas poussé à se jeter dans les bras de l’Empereur ou à traiterdirectement avec la Suède ? Que non pas ! La Prusse le tient :c’est le seul coin de terre ferme qui lui reste en Allemagne. Etce sont les démarches pressantes du Tsar qui, le mois suivant,provoqueront la réunion d’Amsterdam pour la reprise desnégociations. Le Régent v consentira : mais, inébranlable danssa résolution de ne se prêter à rien de sérieux, il changeraseulement de tactique : Cnyphausen a maintenant des pou-voirs, mais la France a d’autres prétentions. Quand, l’impé-tuosité du Tsar y aidant, on arrivera, le 2 septembre, à mettresur pied un nouveau traité, avec articles patents et articlessecrets, comme il convient à un instrument diplomatiqueauquel ont travaillé les représentants de trois grandes puis-sances, on aura réussi à s’entendre sur une espérance, undesideratum platonique. Les articles patents comprennentl’acceptation de la médiation du Roi pour la paix du Nord,mais en la subordonnant à la rupture définitive des engage-ments qui, pour le moment, lient Sa Majesté Très Chrétienneà la Suède ; et les articles secrets stipulent une alliance défen-sive sur la base des traités de Rade et d’Utreclit, mais en ren-voyant à une négociation ultérieure la définition des devoirsréciproques devant en résulter pour les alliés. La France s’en-gage bien à ne pas renouveler, à l’expiration du terme, sontraité de subsides avec la Suède ; mais cet engagement étantoral seulement, et les plénipotentiaires du Roi ayant beaucoupinsisté pour qu’il fût tel, Pierre s’en défiera, et il n’aura pastort.
En somme, il n’y aura rien de fait, et pas même un com-