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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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L’OEUVRE.

gnole(l). Depuis, il a fallu déchanter. Pressé de s’expliquer,Kourakine a dû avouer que le mariage de la princesse mêmeavec un des princes du sang paraissait aux ministres français« un objet trop éloigné » pour le mêler à la négociation pré-sente.

Le sort de cette négociation est dès lors absolument décidé.Elle ne paraîtra reprendre quelque apparence de vie et d’es-pérance après l’avènement de Catherine I re , que pour retomberaussitôt dans le néant. Le traité restera sans signature et latsarevna Élisabeth sans époux. Pour devenir une réalité, l’al-liance prématurément rêvée aura besoin de se préparer lesvoies à travers un siècle et demi encore d’épreuves et de bou-leversements profonds sur toute l’étendue du continent euro-péen. L’avortement des tentatives hasardées au seuil dudix-huitième siècle pour la faire aboutir me paraît s’expliqueret se justifier, sans qu’il soit nécessaire d’en rendre responsa-bles, soit en France, soit en Russie, des gouvernements qui ontd’autres comptes à régler avec l’histoire. On n’est pas arrivé às’entendre, d’abord parce qu’on avait trop de chemin à faire,et ensuite parce que, marchant en apparence à cette entente,on s’est tourné le dos en réalité depuis le commencement jus-qu’à la fin. On a commencé par différer dans la volonté mêmede contracter une liaison, Pierre étant seul pendant quelquetemps à la désirer sérieusement. Puis, le désir étant devenucommun, l’un des gouvernements a demandé une chose à saréalisation et l’autre gouvernement une autre : la France unealliance politique et Pierre une alliance de famille ; toutesdeux souhaitables pour celui-là seul qui avait conçu le souhait.Qu’on ait répugné ici à introduire dans le lit des rois de Francela fille naturelle, légitimée par un mariage tardif et clandes-tin, d’une ancienne blanchisseuse, pour ne pas dire pis; qu’onse soit médiocrement soucié là-bas de reprendre pour un mo-dique salaire le harnais d’un servage politique usé sur le coude la clientèle polonaise et suédoise, nous ne saurions vrai-

(1) Solovief, t. XVIII, p. 126.