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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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REFORME MORALE.

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évoque un peu le champ de manœuvre, mais la ressemblancen’est pas pour déplaire au souverain. Un article caractéris-tique du règlement relègue dans les antichambres la valetaille,très nombreuse dans toutes les maisons moscovites, en luidéfendant l’accès des salons. A part cela, égalité absolue :le premier venu est libre d’inviter à danser l’Impératrice elle-même (1).

Comme toutes les créations de Pierre, celle-ci a eu des débutsdifficiles. A Moscou surtout. Pierre y arrivant en 1722, pourcélébrer la paix de Nystadt, une assemblée est convoquée paroukase spécial, toutes les dames au-dessus de dix ans d'âge étantrequises d’y paraître, sous la menace « d’un châtiment ter-rible » . On ne parvient à en réunir que soixante-dix. A Péters-bourg, au bout de trois ans, l’institution paraît acclimatée.Reste à en évaluer le bénéfice. Pierre a poursuivi trois butsprincipaux : l’initiation de la femme russe à la vie communedu sexe dans les pays de l’Occident, l’initiation des classes su-périeures de la société russe aux formes de sociabilité enusage dans ces pays, enfin la fusion des classes et leur mélangeavec les éléments étrangers. Ce dernier but, le plus importantpeut-être à ses yeux, n’a pu être atteint, tous les contempo-rains en témoignent. Les dames russes s’obstinèrent à nechoisir des danseurs que parmi leurs compatriotes, et elles nefaisaient qu’obéir à cet égard à un mot d’ordre général. Pouratteindre les deux autres buts, il a manqué à Pierre d’être lepersonnage du rôle qu’il s’est ici imposé, un peu plus hommedu monde lui-même, moins matelot et charpentier. Commeses pirouettes, on imitait ses manières, et celles-ci n’étaient pasdes plus polies ni des plus sociables au point de vue mondain.Dans les intervalles entre les danses, danseurs et danseusesn’ayant rien à se dire se séparaient, et un morne silence s’éta-blissait. Pour fondre la glace, le souverain n’imaginait rien demieux que d’introduire une danse avec des figures obligeantles dames à se laisser embrasser par leurs cavaliers sur la

(1) Choebixski, Récits historiques, p. 39 ; Karxovitch, Récits, p. 240.