CHAPITRE III
LA RÉFORME ECCLÉSIASTIQUE. - LA SUPPRESSION DU PATRIARCAT.
I. VÉglise. — Féofan Prokopovitch. — La propagande intellectuelle et laréforme ecclésiastique. — Le centre kiovien. — Etat précaire de la vieilleEglise moscovite. — Prospérité matérielle, avilissement moral. — Le péril duraskoL — La réforme s’impose au Réformateur. — La mort du patriarcheAdrien ouvre les voies. — II. Le Patriarcat. — Institution d’un gardien tem-poraire du trône patriarcal. — Etienne Iavorski. — Pierre s’attaque d’abordaux monastères. — Soumission du clergé noir. — Révolte des raskolniks. —La lutte. —• Pierre se laisse entraîner par elle. — Etienne Iavorski trahit samission et fraude le gouvernement. — Le conflit. — Destruction progressivedes vestiges de l’autorité patriarcale, — On se trouve en face du néant. —Nécessité d’une réforme plus radicale. — III. Le Saint Synode. — Règlementecclésiastique. — Programme et pamphlet. — Mécontentement universel. —11 n’arrête pas le réformateur. — Suppression du Patriarcat. — Établissementdu Saint Synode. — Espi’it de la réforme. — Ses résultats.
I
L’Eglise.
Né à Kief en 1681, Féofan Prokopovitch appartient par sonorigine à la sphère (l’influences polonaises, par son éducationà l’Église catholique. Il a fait ses premières études dans uneécole uniate, puis est allé à Rome. Il en a rapporté la hainedu catholicisme, une intelligence ouverte aux. idées et auxpréoccupations du siècle, à la philosophie, à la science, à lapolitique, et jusqu’à des tendances luthériennes. Avant d’avoirconnu Pierre, simple professeur de théologie, il se révéleradéjà frondeur, novateur, partisan des initiatives hardies (1). Il
(1) PlÉKABSKI, t. I, p. 4-81.