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L’OEUVHE.
tion, au point de vue fiscal, par une réforme générale desimpôts, poursuivie de 1718 à 1722.
Cette réforme a été diversement appréciée. Il est certainqu’en remplaçant l’impôt cadastral par la capitation, en sub-stituant à l’impôt par maison habitée (podvomy f) ou parchamp labouré {posochny f) l’impôt par âme d’habitant ( po -douchnyi), elle a contribué à imprimer au système fiscal del’État russe le caractère artificiel et en quelque sorte anti-national qu’il porte encore aujourd’hui. Parmi les contempo-rains, Possocbkof s’en indignait : « L’âme, valeur intangibleet inappréciable, peut-elle être imposée ? « Depuis, l’éloquenthistorien des institutions financières de la Russie, le comteDimitri Tolstoï, a exposé avec force l’influence pernicieusede l’innovation sur le développement économique du pays.Parmi les hommes d’État russes, seul à peu près le comteCancrine, un des meilleurs ministres des finances, il est vrai,que la Russie ait possédés au courant de deux siècles, en atenté l’apologie. Les résultats immédiats et palpables de laréforme parlent en sa faveur. Le rendement de l’unique impôtdirect perçu par le Trésor a été plus que doublé, porté instan-tanément de 1,8 à 4,6 millions, et les budgets des dernièresannées du règne sont en progrès au point de vue des recettestout au moins. Celui- de 1725 se balançait, d’après Golikof,par 9,776,554 roubles. Et, en même temps, l’esprit nouveauintroduit dans l’administration des finances portait ses fruits :au chapitre des dépenses on aperçoit un crédit de 47,371 rou-bles pour les écoles ; un autre de 35,417 roubles pour l’en-tretien des hôpitaux et maisons d’asile. Le progrès se réduisaitpourtant à peu de chose, en somme, et il était beaucoup plusapparent que réel.
Soit quant aux recettes, d’abord, soit quant aux dépenses,les budgets ainsi établis continuaient à constituer une sorte detrompe-l’œil. En réalité, l’État recevait et donnait beaucoupplus qu’il n’avait l’air de recevoir et de donner ; ses revenuss’augmentaient d’une foule de prestations en nature ou mêmeen argent . fournitures gratuites de vivres et de fourrages