L'OEUVRE ECONOMIQUE.
521
sement, une diminution d’un cinquième dans les propriétésimposables. Dans le Nord, la perte va jusqu’à 40 pour 100. Lerecrutement et la fuite des contribuables ont produit cet effet.Pierre n’est pas à court d’expédients pour y remédier, et ce-lui qu’il adopte est sans doute dans l’esprit du pays, car l’emplois’en est perpétué jusqu’à nos jours vis-à-vis de certaines caté-gories de contribuables : les présents payeront pour les absents,le produit global obtenu en 1678 devant continuer à être réa-lisé. Mais, évidemment, la mesure n’est pas pour arrêter lecourant d’émigration, et, en fait, la situation s’aggrave. De1704 à 1709, si les budgets se sont soldés constamment endéficit apparent, l’excédent des dépenses a pu toujours êtrecouvert par les reliquats des années précédentes :
1701
1702
1703
1704
1705
1706
1707
1708
1709
liecettes....
. . 2.86
3.15
2.73
2.49
2.64
2.52
2.41
2.02
2.76
Dépenses . . .
.. 2.25
2.47
3.34
3.24
3.34
2.71
2.45
2.22
2.70
millions de roubles (1). Mais, en 1710, le déficit réel appa-raît et va naturellement en augmentant. Des tentatives d’em-prunt à l’étranger n’aboutissent pas. Les disponibilités suf-fisant à peine aux exigences de la guerre, on prend le partide les affecter exclusivement à cet emploi ; les autres servicespublics se tireront d’affaire comme ils pourront. Puis la guerreelle-même commence à manquer du nécessaire, et c’est alorsseulement qu’un sentiment de détresse paraît dans l’àme dePierre, en même temps que l’idée se fait jour dans son espritd’un recours à des principes plus rationnels et à des pratiquesplus sages. Bientôt après, son séjour en France le mettaitplus directement en contact avec les doctrines économiquesqui commençaient à gouverner le monde occidental, et, renon-çant définitivement aux procédés de violence et de pillage, ilessayait, d’une part, d’augmenter les ressources du pays, etconséquemment la matière imposable, par l’organisation duCollège de commerce; d’autre part, d’en améliorer l’exploita-
(i) Milioukof, ouvrage cité, p. 235