L’OPPOSITION.
ALEXIS.
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tesse. Sous le rude et soudain assaut livré à ses habitudes, àses convenances, à ses sentiments, coups de marteau et coupsde hache plutôt que lente morsure de corrosif, l’attitude de lanation russe n’a pas été entièrement passive. Dans les empor-tements les plus fougueux de sa colère et de sa vindicte, Pierren’a souvent fait qu’opposer la violence à la violence. Lesprocès-verbaux du Préobrajenski Prikaze en font foi. « Quel« Tsar est celui-ci? s’écriait en 1698 un détenu mis à la« question, Vanka Borliout. C’est un Turc! Il mange de la« viande le mercredi et le vendredi, et se fait servir des gre-« nouilles ! Il a exilé sa femme et vit avec une étrangère ! »— « Quel Tsar est celui-ci? » Mélange d’étonnement et d’in-dignation, ce cri traduit le plus fréquemment la révolte desconsciences blessées. Et le raisonnement suit : « Il n’est pas« possible que cet homme, pour lequel rien ne paraît sacré de« ce qui a fait pendant des siècles la foi et la vie de la sainte« Russie, soit né d’un homme et d’une femme russes. Ce doit« être le fds d’un Allemand. C’est le fils de Lefort et d’une« Allemande, substitué dans le berceau au fils d’Alexis et de» Nathalie. Le vrai Pierre Aléxiéiévitch est resté à l’étranger en« 1697. Les Niemtsy l’ont gardé, en envoyant un imposteur à« sa place. Oubien c’est peut-être l’Antéchrist (1). » En 1701,un écrivain du nom de Talitski était condamné à mort pouravoir prêté l’autorité de sa plume à cette dernière supposition,et plus tard Étienne Iavorski composera un livre à l’effetd’en démontrer la fausseté avec des citations de Y Apoca-lypse (2). En 1718, traversant un village sur la route de Péters-bourg, un étranger voit un attroupement de trois ou quatrecents hommes. Un pope qu’il interroge pour apprendre ce quise passe, lui répond : « Nos pères et nos frères sont sans« barbe ; nos autels sans serviteurs ; nos lois les plus saintes« sont violées, et nous gémissons sous la tyrannie des étran-« gers ! » C’est une insurrection qui se prépare (3).
(1) Kostomahof, Étude dans VAntiquité russe, 1875, t. XII.
(2) Siémievski, Slovo i Dielo , p. 107 et suiv.
(3) Dépêche de La Vie, Pétersbourg, 10 janvier 1818. Aff. étr. de France.
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