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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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L’OEUVRE.

« Vive le petit peuple ! Vienne mon temps, et que mon père« ne soit pas présent, je dirai un mot à l’oreille des évêques,« ils le rediront aux popes et ceux-ci à leurs paroissiens, et“ l’on me fera régner malgré moi. »

Tout cela n’est ni très méchant, ni très sérieux, et, de plus,en quittant la Russie, Alexis gardait la résolution très sincèrede s’en tenir à l’abdication volontaire que les dernières entre-prises de son père sur son indépendance lui avaient dictée. Sesdépositions ne varieront jamais à cet égard, alors même qu’iln’aura plus aucun intérêt à mentir ou à cacher quoi que ce soit.Son plan, que sa faiblesse l’a empêché de suivre jusqu’au bout,consistait à attendre à l’étranger la mort de son père, pours’emparer alors de la régence pendant la minorité de son frère.

Que veut donc le Tsar avec tout l’appareil judiciaire qu’ilmet en branle? Il ne le sait probablement pas très bien lui-même. Les desseins arrêtés de longue main qu’on a supposésde sa part pour engager le malheureux Alexis dans une sorted’engrenage, au bout duquel, de fautes en fautes et de défail-lances en défaillances, il mettrait sa tête en jeu (1), ne sontconfirmés par aucun fait précis et sont contredits par tout ceque nous savons du caractère de Pierre. Il n’est pas l’hommede ces combinaisons. Vraisemblablement il s’est laissé conduirepar les événements, en les accommodant avec ses passions.Pour le moment, du reste, il se contentera des victimes queles aveux de son fils et l’enquête étendue jusqu’au couvent deSouzdal livrent à sa vindicte. Kikine est roué après avoir reçuen quatre fois cent coups de knoute. Le malheureux Afanas-sief, coupable seulement d’avoir recueilli les confidencesde son maître, a la tête tranchée. On connaît le sort d’Eu-doxie et de Glébof. Très chargés par Alexis, Dolgorouki etViaziemski doivent probablement à cette insistance du Tsa-révitch de s’en tirer avec la confiscation de leurs biens, laperte de leurs emplois et l’exil. Dénoncé par Glébof commeayant encouragé les espérances d’Eudoxie, mis à la torture,

(1) Pogodine, Le procès du Tsarévitch Alexis , dans la Rousskaïa Biéssiéda y1860, t. I, p. 1-110.