L’OPPOSITION. — ALEXIS.
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Dosithée, évêque de Rostof, reconnaît avoir prophétisé à l’ex-Tsarine la mort prochaine de Pierre et l’avènement d’Alexis ;mais, interpellant l’assemblée des arhireïs chargée de pro-noncer sa dégradation, il fit entendre ces mots significatifs :« Regardez ce que vous avez tous au fond des cœurs ; porteza vos oreilles au milieu du peuple et répétez ce qu’elles enten-« dront. » Il subit, lui aussi, le supplice de la roue avec unde ses prêtres. Les têtes des suppliciés sont fichées sur despiques, leurs entrailles brûlées. Poklanovski a la langue, lesoreilles et le nez coupés. Une princesse Troïékourof, deuxnonnes, un grand nombre de gentilshommes, dont un Lapouhinerécemment revenu d’Angleterre, reçoivent le knoute. La prin-cesse Anastasie Galitsine, la joyeuse commère qui, informéepar l’abbesse de Souzdal des relations d’Eudoxie avec Glébof,a gardé le silence, échappe au knoute , mais a les batogues.Pierre fait assister son fils aux exécutions qui durent troisheures, puis l’emmène à Pétersbourg.
Alexis se croit maintenant hors d’affaire et se montre trèssatisfait de son sort. L’adversité l’a rendu insensible. Il n’a plusde cœur que pour son Euphrosine. Il lui écrit pour lui annoncerque son père est parfait maintenant et l’a invité à sa table. Ilse dit très satisfait d’être délivré du titre d’héritier : « Nous« n’avons jamais songé, tu le sais bien, qu’à vivre tranquilles« à Roshestvienka. Être avec toi et en paix jusqu’à la mort est« mon seul désir (1). » Sa lettre était peut-être pour les lec-teurs du cabinet noir ; mais très certainement il pensait plusque jamais à épouser la Finnoise. Avant de quitter Moscou, ils’était jeté aux pieds de Catherine pour lui demander de favo-riser cette union.
(1) Lettre citée par KostomarDF (Le Tsarévitch Alexis , dans l'Ancienne etnouvelle Russie, 1875, janvier-février). Elle ne se trouve pas chez Oustrialof.