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Tome I.
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PROCÈS ET MORT DE MARIE STUART

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mariage pour y faire pencher Elizabeth, diffère de jour en jour,et se voyant pressé par les sollicitations violentes du Duc, ilcontrefait le malade, et demeure dans un malin silence.

Il sçavoit que pour ruiner souvent une bonne affaire, il la fautfaire entamer par une bouche indiscrette : il souffre que lesfemmes, qui éventent pour l’ordinaire assez curieusement lessecrets des amants, en portent les premières paroles à la Reyne.

C’étoit mettre son esprit sur le chevalet et le tourmenter en lapartie la plus sensible. Elle, qui étoit extrêmement jalouse sur lesrecherches que l’on faisoit de la Reyne d’Ecosse, et qui avoitune fureur pour les moindres atteintes qui sembloient êtredonnées à sa Couronne, se voyant en même temps battüe deces deux fortes passions, entre dans des rages qui ne se peuventdire. Son esprit, qui étoit naturellement formé à la dissimulation,ne put plus se tenir qu’il ne se débandât, et qu’Elle ne laissâtcouler quelques paroles au duc de Norfolk, luy disant que quidormoit mollement sur un coussin prît garde que l’on ne le luyenlevât. Mais quittant bientôt les énigmes, Elle échappe et lereprend aigrement d’avoir pensé au mariage de la Reyne d’Écosse,sans luy en donner avis. E’autre luy répond que jamais il n’yavoit rien prétendu, sans attendre là-dessus ses volontez et sesordres, et que le comte de Licestre s’e'toit chargé de luy en parleret de le luy faire agréer; mais que puisque Sa Majesté montraity avoir de la difficulté, il s’en départoit volontiers, n’ayant autrebut que de régler sa vie et sa fortune selon ses intentions. Ellele laisse sur cette promesse et va voir le comte de Licestre, quigardoit la chambre, et qui, ayant sçu qu’Elle étoit avertie etque le secret de ce mariage avoit été déposé dans son sein, entradans une grande frayeur qui le fit pâlir et trembler en présencede la Reyne, laquelle il prévint et pria avec larmes de l’excuser,s’il ne luy avoit pas parlé de cette affaire, parce qu’il cherchoitde la trouver de bonne humeur, afin de donner moins de troubleà son esprit, qu’il sçavoit en devoir être inquiété. Sa maladiefeinte, ses pâles couleurs, et surtout l’affection déréglée que luyportoit Elizabeth, le sauvèrent du coup de ce tonnerre, mais lepauvre Norfolk se voit incontinent abandonné de ses amis, traitésèchement de la Reyne, suivy, épié, persécuté, et enfin confinédans la Tour de Londres.

Quelque temps après, on dresse un échaffaut dans un grandPalais, et dessus on plante un Tribunal avec des sièges rangés