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Tome I.
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LES DESSOUS DE l’HISTOIRF.

niâtroit à la poursuivre, et lorsqu’Elle envisageoit les rayons jesa chère liberté', on luy redoubla ses gardes pour la traiter avectoutes les rigueurs possibles.

De quarante-quatre ans de vie que le Ciel luy a donne's, Elleen a passe' quasy la moitié dans les langueurs de cette cruelleprison, où Elle eût été mille fois accablée de tristesse, sans lesconsolations qu’Elle puisoit dans les sources de la vraye pièce'.Le Pape Pie V, sçachant qu’on luy refusoit l’assistance cesprêtres, luy avoit permis de se communier Elle-même, ce qu’Ellefaisoit souvent, ses affidés luy envoyant à cet effet en cachectedes boëtes pleines d’hosties consacrées. Outre cela, comme c’étaitune sçavante Princesse, qui avoit été nourrie en France dès l’âgede cinq ans et avoit toujours affectionné les lettres, parlant tres-commode'ment de six langues, Elle cultivoit son esprit par debonnes lectures, qui adoucissoient les ennuys de sa captivité.

Parmy ses persécutions, Elle fut consolée par divers Papes (sic),courageux et industrieux, qui trouvèrent le moyen de la voir, dela fortifier en la vraye Religion et de luy parler des chosesdivines, qui étoient la plus douce manne qu’Elle goûtoit dansson désert. Elle protesta toujours, par une singulière confiancequ’Elle avoit en la grâce de Dieu, qu’il n’y auroit aucuneviolence qui la séparât de l’ancienne Religion, et que ce luvserait un don du Ciel de pouvoir sceller cette confession parson sang.

Henry III, honorant sa dignité et son alliance, n’oublia pas deluy dépüter à différentes fois des ambassadeurs pour la consoler,quoyque certaines raisons l’empêchoient d’agir efficacement poursa délivrance. Il y avoit encore dans ce temps-là à Paris Monsieurde Chérelles, un vénérable vieillard, âgé de quatre-vingts ans, quiétoit plein de vertu, d’honneur et de mérite, qui la visita danscette captivité par le commandement du Roy Henry III, et a ditsouvent que personne ne pouvoit voir cette généreuse Reynequ’avec des ravissemens et des consolations sensibles. Elleaymoit naturellement les Français et donnoit magnifiquementtout ce qu’Elle pouvoit, et se voyant pour lors dépourvue danssa prison de quantité de choses qu’Elle ne désirait avoir quepour les distribuer, Elle prit une enseigne de diamans qui luyl'estoit avec ses propres tablettes où Elle écrivoit, qu’Elle donnaà ce bon seigneur, qui les montrait par rareté. II est vray qu’ellesétoient fort riches, étant couvertes de velours cramoisy, garnies