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I.ES DESSOUS DE 1,’hISTOIRE
rendu les services que Sa Majesté' méritoit; mais Elle priapareillement tout le monde de luy pardonner ses de'fauts, quoy-qu’Elle e'toit la meilleure maîtresse qui fut jamais sous le ciel.Elle les consola d’un courage invincible, et leur commandad’essuyer leurs larmes et de se re'joüir, parce qu’Elle alloit sortird’un abysme de misères, et qu’Elle ne les oublierait pas, nydevant Dieu, ny devant les hommes.
Après souper, Elle e'crivit trois lettres : l’une au Roy deFrance, l’autre au duc de Guise, et la troisième à son confesseur.Voicy les propres termes de celle qu’Elle adressa au RoyHenry III :
« Monsieur mon Beau-Frère,
» Dieu ayant permis pour l’expiation de mes pe'chez, comme» je dois croire avec toute humilité', que je sois vende me jetter» entre les bras de cette Reyne, ma cousine, après y avoir passe» plus de vingt ans dans les ennuys de la prison, je suis enfin,» par Elle et ses États, condamne'e à la mort. J’avois demande» que l’on me rendît mes papiers qui m’ont e'té enlevez, à dessein» de faire mon testament, et que mon corps fût transporte',» selon mon de'sir, dans votre Royaume, où j’ay eu l’honneur» d’être Reyne, votre sœur et ancienne alliée ; mais comme mes» maux sont sans consolation, mes requestes sont sans re'ponse.» Aujourd’huy après dîner, on m’a signifie' l’arrest pour être» exécutée le lendemain à sept heures du matin, comme la plus» criminelle du monde. Je ne puis pas vous faire un discours» bien ample sur tout ce qui s’est passe' : il plaira à Votre Majesté» d’en croire mon médecin et mes serviteurs, que j’ay jugés» capables de cette croyance. Je suis toute disposée à la mort,» que je recevray, dans cette innocence, avec mépris, comme je» l’ay attendue avec patience. Le droit que m’a donné ma nais-» sance sur le Royaume d’Angleterre et la Religion catholique» sont les points de ma condamnation, quoyqu’ils les déguisent» tant qu’ils peuvent par leurs calomnies. Ils m’ont ôté mon» aumônier, et me privant des consolations que j’attendois des» Sacremens à la mort, me pressant avec toute violence de» recevoir l’assistance et la doctrine de leurs ministres, mais» jamais je ne feray rien qui soit indigne de ma naissance et de» ma Religion. Ceux qui vous porteront les derniers soupirs de