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Tome I.
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ADVIS DE CE QUI A ESTE FAICT, ETC.

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tous les sieurs qui estoient venuz de France avecq luy. Estantentre' dans la salle de Pre'sence, il trouva la dicte Dame assise enson siège royal, accompagne'e et environne'e des grans seigneursmillors du Royaulme. L’ayant mon dict seigneur et aussy Mon-sieur de Chasteauneuf salue'e, il commença à luy faire les remons-trances de la part du Roy, qui sont contenues en la propositiongrande que je vous ay cy-devant envoyée, auxquelles Elle fitresponce presque sur tous les poincts, et en bons termes etlangage françois; et comme saisye de quelque passion, qui ap-paroissoit à sa contenance, remonstra Sa Majesté' que la Royned’Escosse luy avoit tousiours poursuivy, et que c’estoit la troi-siesme fois qu’Elle avoit voullu faire attempter à sa vie par uneinfinité de moyens, ce qu’Elle avoit par trop supporté avecqbeaucoup de patience, et que jamais chose ne luy avoit sy as-prement touché au cœur que ce dernier accident, à cause duquelElle avoit jecte' plus de soupirs et de larmes qu’Elle n’avoit faictà l’occasion de la perte de tous ses parens, et d’aultant pluspour ce que la Royne d’Escosse estoit sa proche parente, etqu’Elle touchoit aussy de sy près au Roy. Et pour ce que parles dictes remonstrances, mon dict seigneur luy avoit mis enavant plusieurs exemples tirez des Histoires, Elle luy dict qu’Elleavoit beaucoup leu et veu des livres en sa vye plus que nulleaultre de son sexe et de sa qualité, et que jamais Elle n’avoittrouvé, ny ouy parler d’un tel acte que celuy que l’on avoitproiecté sur Elle et poursuivy par une sienne parente, laquellele Roy, son beau-frère, ne pouvoit et ne devoit soustenir en samallice, mais plustost luy ayder à haster la justice pour exemple,disant qu’Elle avoit bonne preuve et expérience de l’estât de cemonde, congnu que c’est d’estre subiecte et souveraine, que c’estd’avoir de bons voisins, et quelquefois remonstroit qu’Elle avoittrouvé des trahisons là où Elle avoit toute confiance, qu’Elleavoit veu de grands bienfaits peu recongnuz, et au lieu de re-congnoissance des entreprises pour la traverser, disant à Monsieurde Bellièvre qu’Elle avoit ung bien grand regret qu’il n’avoit estédéputé et envoyé vers Elle pour meilleure occasion, et que danspeu de jours Elle le renvoyeroit au Roy, son beau-frère, du bonportement duquel Elle s’enquit, et de la Royne, sa mère, et quiprenoit grand’peyne pour mettre la paix en France, qui estoittrès-nécessaire, ainsy qu’Elle pouvoit juger. Sur ces propos, Ellese retira en sa chambre, et mon dict seigneur retourna le dict