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Tome I.
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ADVIS DE CE QUI A ESTÉ FAICT, ETC. I09

ponces et interrogatoires, au rnoings ce que j’en ay peu recueillirest cy-après escript, et sur ces proclamations e'videntes que mondict sieur avoit peu veoir et entendre, il se résolut d’escrire à ladicte Royne d’Angleterre la lettre qui s’ensuit :

« Madame, nous partismes hier d’auprès Vostre Majesté,» attendant, comme il vous pleust nous dire, d’avoir dans peu» de temps vostre bonne responce sur la prière que nous vous» avons faicte de la part du Roy, nostre Maistre, vostre bon» frère, pour la Royne d’Escosse, sa belle-sœur et fédérée; et» d’aultant que ce matin nous avons esté advertiz que le ju-» gement donné contre la dicte Dame Royne a esté proclamé» par ceste ville de Londres, encore que nous nous promettions» avoir aultre chose de vostre clémence et de l’amitié que vous» portez au seigneur Roy, vostre bon frère, sy est-ce que pour» n’obmettre rien de ce que estimions estre de nostre debvoir et» du désir de Sa Majesté, nous n’avons voullu faillir de vous» escrire la présente, par laquelle vous supplions derechef et» bien humblement de ne voulloir refuser à Sa Majesté la prière» très-instante et très-affectionnée qu’Elle vous a faicte à ce qu’il» vous plaise conserver la vie à la dicte Dame Royne d’Escosse,» ce que le dict seigneur Roy recepvra pour le plus grand plaisir» que Vostre Majesté, ny aultre luy sçauroit faire, comme au» contraire il ne luy seroit advenu chose qui luy apportast plus» de regret et de desplaisir, et qui le touche plus au cœur que» s’il estoit uzé de rigueur contre la dicte Dame Royne d’Escosse,» estant ce qu’Elle luy est; et pour ce, Madame, que le dict» seigneur Roy, nostre Maistre, vostre bon frère, lorsque pour» cest effect il a de'pesché vers Vostre Majesté, n’a point estimé» qu’il feust possible, en aulcune sorte, de se résouldre sy promp-» tement à une telle exécution, nous vous supplions, Madame,» qu’avant qu’il y soit passé oultre, nous donner quelque temps» pendant lequel nous l’advertirons de l’estât des affaires de

» la dicte Royne d’Escosse, à ce que auparavant que Vostre

» Majesté y prenne une finalle résolution, Elle entende ce qu’il» plaira à Sa Majesté très-chrestienne vous dire et remonstrer» sur le plus grand affaire qui, de nostre mémoire, ait esté mis» au jugement des hommes. Le sieur de S'-Cir (?), qui rendra

» la présente à Vostre Majesté, nous apportera, s’il luy plaist,

» vostre bonne responce. De Londres, ce xvi e décembre i586 ».

Ce fut le dict jour, xvi e décembre, que mon dict sieur de