ADVIS DE CF._QM A ESTÉ FAICT, ETC.
I l3
en France, et qui s’estoit préparé pour faire le voyage avec nous,priant, le dict Staffort, le dict sieur Destrappes de luy voulloirfaire ceste faveur de luy ayder à passer la mer, ce que le dictsieur Destrappes fit entendre à Monsieur de Chasteauneuf,lequel dict au dict Destrappes : « Allez dire au dict Staffort que» je luy ay défendu mon logis, et que je le prie d’en voulloir» soudainement sortir, et que, sy ce n’estoit le respect de ses» parens, j’advertirois dès à présent la Royne de ses pour-» suittes ». Il sortit du dict logis, et le dict jour il fut prinsprisonnier. Le dict Destrappes, s’ascheminant le dict jour parles postes pour nous venir attendre au passage de Douvres pourpasser la mer avecq mon dict seigneur, et aussy seullement qu’ilfut à deux postes, il fut arresté et ramené prisonnier au dict lieuen la Tour, le faict ayant passé ainsy que dessus. Néantmoings,ayant le dict Destrappes esté ouy et interrogé par le Conseil dela Royne, il s’est trouve' que le dict interrogatoire et responcesestoient toutes contraires et différentes à la vérité, et avoient, debeaux Conseillers d’Angleterre, forgé, falsifié et composé toutestelles escriptures qu’ils avoient voullu sur ce faict par eulxinventé et proiecté; car il faut notter qu’ilz ne produisent pasles originaux des proceddures signées des parties, mais seullementdes copies èsquelles ilz adioutent et diminuent ce qui leur plaistet leur va en leurs inventions ordinaires. Le lendemain ou deuxjours après l’emprisonnement des dicts Destrappes et Staffort,mon dict seigneur de Chasteauneuf fut mandé au Conseil de laRoyne, auquel luy fut amené et confronté le dict Staffort, quiluy soubtint choses estranges, disant que luy et le dict Chas-teauneuf avoient traicté sur la mort de la Royne d’Angleterre;sur quoy le dict sieur de Chasteauneuf seust très-bien respondreet se deffendre de telle et sy dangereuse invention, dont lesAnglois sont tout pleins, et en uzent sur tous ceulx qui leurdesplaisent comme Monsieur de Chasteauneuf, d’auitant qu’il esttrop homme de bien, et qu’il fait le service de son Maistre commetrès-bon et fidel serviteur. Ayant cette belle Royne d’Angleterre,pour collorer toutes ces praticques et poursuittes, envoyé enFrance ung ambassadeur, qui arriva huit ou dix jours aprèsnous, par lequel j’avois opinion que le Roy recepvroit quelquebonne responce sur les affaires de la Royne d'Escosse, qu’EIleavoit remise, lorsque mon dict seigneur la laissa pour luy faireentendre sa dernière volonté sur icelle, mais, au lieu de luy
8