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Tome I.
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Anvis DK CE QUI A ESTÉ FAICT, ETC. I 15

» soit mon esgal, ny juge pour m’examiner sur aulcuns faicts;» aussy, ce que je vous faict à pre'sent et vous diz est de mon» propre et volontaire voulloir, prenant Dieu à tesmoing que je» suis innocente, claire et nette en ma conscience des suppo-» sitions et calomnies dont l’on me veult accuser », et commençaà parler, premièrement par voyes de protestations, disant qu’Elleestoit Princesse libre et native Royne, non subiecte à aulcun.sinon à Dieu, auquel Elle devoit rendre compte de ses actionset partant protestoit derechef que sa comparution devant les dictsCommissaires ne luy feust prèiudiciable, ny aux Roys, princes etpotentats, ses alliez, ny à son filz, et requist que ses protestationsfussent enregistrées, et en demanda acte.

Le Chancelier, l’ung des Commissaires, commença et protestaau contraire à ce que la protestation de la dicte Royne ne peutnuyre, ne préiudicier à la Majesté de la Royne d’Angleterre, neà sa couronne.

Le dict Chancelier commanda que leur commission feust leueen la présence de la Royne d’Escosse, comme estant fondée surla loy des statuts du Royaulme.

La dicte Royne d’Escosse respond qu’Elle protestoit derechefque les dicts statuts et loy luy estoient insuffisants et suspects,et ne se pouvoit soubmettre à iceulx, n’y estant aulcunementsubiecte, et que la loy, ny les dicts statuts, n’estoient poinctfaicts pour Elle.

Le dict Chancelier ayant justiffié que la loy estoit suffisantepour procedder contre Elle, Elle réplicqua et dict au dict Chan-celier que ceste loy et statuts n’estoient poinct pour gens de saqualité.

Desclara le dict Chancelier que sa commission portoit de pro-cedder contre Elle, encore qu’Elle ne voullût poinct respondre,et qu’il passerait oultre à la proceddure, et remonstra à la Rovnequ’Elle avoit offencé contre deux branches des statuts et de laloy, tant à la conspiration contre la Royne, que à l’occasiond’icelle qu’Elle-mesme aurait praticquée et forgée. La dicteDame Royne d’Escosse respond qu’Elle n’y avoit seullementjamais pensé.

Sur ce luy furent leues les lettres qu’ils disoient avoir estéescriptes par Elle au sieur Babinton, et la responce du sieurBabinton à Elle.

La dicte Dame respond qu’Elle n’a jamais veu Babinton, et