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Tome I.
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PROPOSITIONS I'AICTES A LA DICTE ROYNK, ETC.

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Prenons le sage conseil que Livia donna à son mary AugusteCe'sar, lorsque la coniuration de Cneus Cornellius, petit-filz dePompée le Grand, fut descouverte : « Plus de choses, dict-elle,» se peuvent remettre par la doulceur et bienveillance que par» cruaulté. Ceulx qui uzent de miséricorde n’obligent pas seul-» lement ceulx auxquels ilz ont pardonne', mais aussy sont» grandement aymez et estimez par toutes aultres personnes» qui ont congnoissance de leur bonté'. Ceulx qui sont durs et» desraisonnables sont haïz de Dieu et du monde, et l’on est» ordinairement bien ayse de leur faire mal quand le moyen» s’en pre'sente, par crainte qu’ilz ne pre'viennent avoir faire» iniure sytost qu’ilz en avoient le moyen ». Auguste, jusquesalors, avoit puny fort rigoureusement ceulx qui l’avoient offence',mais il congnut par expe'rience que la rigueur des punitionsne luy apportoit aulcune seurete'; se re'veslant tous les joursquelque nouvelle conspiration contre luy, faisoit qu’il ne trouvoitne nuict, ne jour, aulcun repos en son esprit, ainsy qu’il eustprins Livia pour femme, laquelle, estant très-sage et très-advise'e,print occasion de dire sur ce subiect librement son oppinion,luy donnant conseil de changer sa rigueur en doulceur, dont ilavoit uzé auparavant-, et voullant plustost essayer ce que sabonté' et sa cle'mence luy apporteroient à l’advenir, il creut à cebon conseil, et se contenta de remonstrer aulx coniurez la faultequ’ilz avoient faicte, les mit en liberté', et par exprès esleutCneus Cornellius à la dignité consullaire, ce qui luy succéda syheureusement, que ses plus grands ennemiz, perdant dès lorsle cœur de le plus offencer, servirent aulx aultres d’exemplesd’obéissance, et de ce temps-là le règne de ce grand Empereurfut sy heureux et tranquille, que l’on faisoit les prières pour lessuccesseurs à l’Empire, en leur souhaitant en premier lieu etsur toutes choses la félicité d’Auguste, laquelle, Madame, vousaccompagnera durant et sur vostre vye, et vos louanges enseront perpétuellement en histoire, sy vous suyvez le mesmeconseil et proiectiez l’exemple de ce bon et vertueux Empereur.Encore, Madame, que le Roy, mon Maistre, vostre bon frèreet bon amy, se promette de trouver en vous la mesme et sagerésollution, sy a-t-il estimé de vous debvoir faire ceste très-instante et très-affectionnée prière, à ce qu’il vous plaise des-livrer la Royne d’Escosse de l’affliction et extresmité où Ellese trouve réduite, ayant Sa Majesté très-chrestienne ung désir

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