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Tome I.
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LES DESSOUS DE I.’hISTOIRE

cousine germaine, car quel aultre fruict peut-il attendre que dela prière et justice, que je vous en faicts maintenant par sontrès-exprès commandement? Mais pour le regard de ceulx quivous conseillent l’aigreur, je me remettray à la prudence deVostre Majesté', s'ilz ne peuvent poinct estre pollutz de quelqueaultre passion qui regarde plustost le bien et inte'rest particulierde vostre service. Sur quoy, je ne m’estendray plus longuementbien voulloir penser à la conse'quence de la re'sollution qui seraprinse en affaire de sy grande importance, non-seullement pournous qui vous en prions avecq tant d’affection, mais aussy pourvous à qui le faict touche plus qu’à ung aultre, et vous asseure,Madame, que le Roy, vostre bon frère et vray amy, n’a en cecyaultre but que le bien et inte'rest qui luy est commung à VostreMajesté : nous parlons pour la cause qui est sans doubte tenuepour la plus honneste, et que nous croiions et iugeons fer-mement estre la plus utile ; les aultres allèguent seullementl’utillite'. S’il demoure doubteux en nostre esprit lequel conseildes deux nous debvons tenir, il est trop meilleur et trop plusseur en ceste incertitude de se re'souldre à celluy, auquel, avecql’apparence de l’utillité, l’honnesteté est conioincte. Je ne crain-dray doncques, Madame, tenir contre la clémence, sans offencerles oreilles de Vostre Majesté, puisque je luy conseille chose quiest conforme à son bon naturel, et sy quelqu’un s’en offence,j’auray recours à vostre favorable protection et diray librementqu’uzant de bonté, non-seullement envers la Royne d’Escosse,mais aussy envers tous vos subiects catholiques, que vousdonnerez ung grand accroissement à la louange de vostrehonneste mémoire au temps advenir, et présentement à l’asseu-rance et conservation de vos affaires. Comme dict ung sageescripvin : « Ceste domination est très-ferme et durable, en» laquelle ceulx qui obéissent vivent contans ». Qu’il plaisedonc, Madame, à vostre bonté oster la crainte en laquelle viventplusieurs vos pauvres subiects catholiques, ce qu’en faisant uzeradu conseil qu’Elle nous a tousiours donné, et par ses lettres etpar ses ambassadeurs. Marcus Antonius, ayant descouvert laconiuration de Cassius, en fit mourir quelques-ungs à lachaulde (?), mais voullant les juges faire le surplus, il leurfit tenir harangue en public, par laquelle il les exorta de nevenger poinct plus avant sa douleur, pour ce que en cela, encorequ’il y ayt de la justice, le faict estoit d’amertume et de haine.

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