PROPOSITIONS
FAICTES A GRENICHE (l) DU VI e JANVIER MDLXXXVII
ADAME, nous avons faict entendre au Roy, nostre bonMaistre, vostre bon frère, la responce qu’il vous pleustnous faire sur ce que de sa part nous avons prie' etremonstre' touchant la Royne d’Escosse en deux audiances queVostre Majesté' nous a donne'es. Sa Majesté' très-chrestienne s’esttrouvée en une peyne extresme, ayant veu ce que luy avoisescript, non-seullement pour le respect de la Royne d’Escosse,qui est sa parente, confédérée et sa belle-sœur, mais aussy pourle vostre, Madame, de l’amitié de laquelle le dict seigneur faictet veult faire toute sa vye beaucoup de compte, tout estât etestime. Je vous prie derechef, Madame, de voulloir mettre envostre sage considération la prière qu’il vous a faicte, qu’ilestime pleine de justice et d’honneur et seureté, pas moingspour vostre bien que pour celluy de la personne en faveur delaquelle il retourne à vous prier de ne la poinct voulloir refuzer.Quand le Roy, vostre bon frère, parle pour conserver la vye dela Royne d’Escosse, sa belle-sœur, quand Sa Majesté parle pourla cause qui est commune entre les Roys, elle n’estime poinctque vous preniez par là oppinion que l’on veuille parler à vostrepréiudice. Le dict seigneur Roy vous congnoist pour Royne etPrincesse souveraine, qui avez en ce faict commung inte'restavecq les aultres Roys et Princes souverains, et particulliè-rement aussy pour estre, la dicte dame Royne d’Escosse, vostreplus proche parente; et quant à l’offence que Vostre Majestéprétend luy avoir esté faicte en partroublant vostre bonté àplusieurs fois, de cela qu’Elle ne cherche aulcune vengeance,et aussy nous le croyons, mais sur le double qui vous demoure
(i) Grenwich.