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Tome I.
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I 32

LES DESSOUS I)E L HISTOIRE

qu’en sauvant la vye de la Royne d’Escosse la vostre ne soyt endanger, à quoy désirez seullement qu’il y soyt pourveu, le Roy,vostre bon frère, entre en ce pensement que Yostre Majesté,comme il est très-raisonnable, d’où il vous peut venir plus demal, danger ou repos, seureté ou contentement, tant pour lerespect de vostre personne que de vos affaires, juge que sansaulcun doubte la mort de la Royne d’Escosse advenant, ainsyqu’aulcuns vous le conseillent, vous seroit infiniment plus préju-diciable que sa vve ne vous seroit incommode. Je ne veulx m’ar-rester à ce qu’aulcuns disent qu’il fault craindre que la dicteDame ne fasse de nouveau attempter contre la personne deVostre Majesté, mais estimons qu’il y a trop moings à craindrepour Vostre Majesté ce pendant qu’Elle est en vye et entre vosmains, que sy Elle estoit morte. Dieu a donné tant de moyenset d’entendement à Vostre Majesté, que quand la dicte Dameseroit libre parmy vostre Royaulme ou ailleurs, vous vous enpouvez bien garder; mais Elle est destenue sy estroitement,qu’Elle ne sçauroit nuyre au moindre de vos serviteurs. A peyneavoit-Elle l’aige de vingt-ung ans, quand Elle a esté destenuevostre prisonnière et privée de la communication de personne deconseil, qui faict qu’il a esté plus aysé de la tromper à ceulx quimallicieusement luy ont voullu moyenner et fabriquer quelquesimpudens conseils. Sy, commandant en Escosse et y estant obéyccomme Royne, Elle feust entrée en cestuy vostre Royaulme pourvous oster l’Estat et la vye, et qu’il luy feust advenu de tomberen vostre puissance, Elle ne pourroit, par raison de guerre,attendre plus rude traictement que de payer une bonne ranson,car jusques à présent je n’ay ouy, ne peu comprendre raisonquelle qu’elle soyt, par laquelle on puisse soustenir qu’Elle soytvostre justiciable. La dicte Dame est entrée en vostre Royaulme,suppliante et persécutée d’une très-grande affliction; Princessesouveraine et vostre plus proche parente, Elle a esté longuementen espérance d’estre remise en son Royaulme par vostre bontéet faveur, et de toutes ces grandes espérances Elle n’a rapportéjusques à présent que une prison perpétuelle.

Or, Madame, ayant pieu à Vostre Majesté de dire que vousdésireriez seullement de veoir les moyens comment il se pourroitfaire qu’en sauvant la vye de la Royne d’Escosse, vous ne met-terez la vostre en danger, nous l’avons faict entendre au Roy,nostre bon Maistre et vostre bon frère, pour [agir] sur son