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Tome I.
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LES DESSOUS DE l’hISTOIRE

que triste, et ainsy Elle monta avecq silence sur l’eschaffaut quiestoit prépare' pour Elle en la salle, eslevé de deux pieds deterre et large de douze, avecq des barrières tout à l’entour,tendu et couvert de cotton noir, avecq ung escabeau, ung carreauet ung billot couvertz aussy de cotton noir. Alors, l’escabeau luyestant donné, Elle s’assit, les comtes de Kent et de Shrewsbury,commissaires de Sa Majesté, estant assiz à sa main droite, etMonsieur Th. Andrews, pre'vost, demeurant debout à sa maingauche, et devant Elle les deux exécuteurs. Tout à l’entour desbarrières, il y avoit plusieurs chevalliers, gentilshommes et halle-bardiers, et directement devant Elle, Monsieur Fletcher, doyende Peterburghe, estoit debout. Alors, silence estant faict, lacommission de la Majesté de la Royne feust leue ouvertementpar Monsieur Beale, clerc du Conseil, pour l’exécution de ladicte Royne d’Escosse, et après, ces parolles furent prononcéespar toute l’assemblée : « Dieu sauve la Royne ! » durant lalecture de laquelle commission la dicte Royne d’Escosse ne dictaucun mot, et la regardoit peu à peu avecq une joyeuse conte-nance, comme sy elle ne l’eust poinct concernée en façon dumonde, uzant aussy estrangement en parolles et en actions,comme sy Elle n’eust poinct congneu personne de l’assemblée,ou qu’Elle eust ignoré la langue angloyse.

Alors, le doyen de Peterburghe, s’humiliant avecq une pro-fonde révérence, commença son exhortation de telle sorte :

« Madame, la très-excellente Majesté de la Royne (comme il

» est escrit cy-devant)., etc. »; et réitérant ses parolles troys

ou quatre fois, Elle dict : « Monsieur le Doyen, ne me tour-» mentez poinct; je suis résolue et persuadée en la foy catholique» et romaine, et j’ay envie de respandre mon sang pour la des-» fense d’icelle ». — Monsieur le Doyen : « Madame, ostez ce» sale limon de superstition que vous avez à l’entour de vous,» et vous repentez de vos péchez, et mettez toute vostre fiance» seule en Jésus-Christ, afân d’estre sauvée par luy ». PuisElle luy respondit : « Derechef et derechef, je suis résolue en» la foy catholique et romaine, et me suis proposée de mourir» en icelle ! »

Les comtes de Kent et de Shrewsbury l’appercevant sy obsti-née, luy dirent que puisqu’Elle ne voulloit pas ouyr l’exhortationcommencée par Monsieur le Doyen, nous voulions prier pourVostre Grâce, affin que sy c’est la volonté de Dieu, vous puissiez