LA MANIÈRE DE INEXÉCUTION DE LA ROYNE, ETC.
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et la troisiesme, qu’ilz fussent tous bien traictez et renvoyezseurement et honnestement en leur patrie, « et ainsy que je vous« requiers icy, aussy vous conjurai-je de le faire ». La responsefut faicte par A. Pawlet : « Vostre Grâce n’a pas besoin de» doubter de l’accomplissement de vos requestes, car je suis» certain qu’ilz seront bien traictez ». — « J’ay, dict la Royne» d’Escosse, une autre requeste à vous faire, Messieurs, que» vous permettiez à mes pauvres serviteurs estre présens à l’en-» tour de moy à ma mort, affin qu’ilz rapportent, quand ilz» seront en leur païs, comme je meurs fidelle à ma religion ».Alors Monsieur de Kent, ung des Commissaires, respondit :« Madame, l’on ne peut pas le permettre, de peur que quelqu’un» d’iceulx ne tourmente et n’afflige Vostre Grâce avecq ses» parolles et ne destourne la compaignie, dont nous avons eu» de'jà quelque expe'rience, ou ne cherche de tremper leurs» nappes dans vostre sang, ce qui ne convient pas ». — « Mon-» sieur, dict la Royne d’Escosse, je veux donner ma parolle et» ma promesse pour eulx, qu’ilz ne feront rien de tout ce que» vous avez dict. Hélas! pauvres âmes! cela leur fera quelque» bien de me dire le dernier adieu. J’espère que vostre Maistresse,» n’estant qu’une fille Royne au regard d’une femme, me per-» mettra d’avoir quelques-ungs de mon propre peuple présens à» ma mort. Et je sçays bien que vostre Maistresse ne vous a pas» donné une commission sy estroicte, que vous ne puissiez m’ac-» corder davantage que cecy, sy je vous demandois plus que je» ne fais. » Et alors, semblant d’estre grandement faschée, pro-nonça ces parolles avecq pleurs : « Vous sçavez que je suis cousine» de vostre Royne, et descendue du sang d’Henry septiesme, et» que j’ay esté mariée Royne de France, et Royne oincte d’Es-» cosse ».
Là-dessus, après quelque consultation, ilz luy accordèrent sarequeste, et partant la prièrent de faire choix d’une demy-dou-zaine d’hommes et de femmes, laquelle dict aussytost que de seshommes Elle voulloit avoir Melvyn, son apoticaire et son médecinet ung vieillard davantage, et de ses femmes, les deux quicouchoient dans sa chambre.
Après cela, estant supportée par les deux gentilshommes, etaccompagnée des seigneurs, chevalliers et gentilshommes cy-dessus nommez, le prévost marchant devant Elle, Elle passa del’allée en la grande salle, sa contenance curieuse, plustost gayè