LA MANIERE DE LA SOLENNITE DES FUNÉRAILLES, ETC.
IDI
» se trouble luy-mesme. Il amoncelle des richesses et ne sçait» pas qui les recueillera ».
Quand il rendoit grâces, en sa prière pour ceux qui estoienttransportez de ce voile de mystère, il uza de ces parolles :« Rendons grâces à Dieu pour l’heureuse dissolution de la très-» haulte et très-puissante princesse Marie, dernière Royne d’Es-» cosse et douairière de France, de la vie et de la mort de» laquelle je n’ay rien à dire maintenant, d’aultant que je ne» sçavois rien de l’une, ny n’estois pre'sent à l’autre. Je ne veux» pas entrer en jugement, mais pour ce que l’on m’a signiftîé» qu’elle croyoit estre sauve'e par le sang du Christ, nous debvons» bien espe'rer de son salut, car, comme le père Luther avoit» coustume de dire que plusieurs qui vivoient papistes mour-» roient protestans ».
Dans le discours de son texte, il traicta seullement de la doctrinegénéralle de la vanité de la chair. Le sermon finy, l’offrande desprincipaux du deuil fut reçeue par l’evesque de Peterburghe, etl’offrande du reste par le doyen. Ces choses estant finies, lespleureux s’en allèrent. Après que la ce're'monie de l’enterrementfut faicte par le doyen, les officiers rompirent leurs basions, etles jettèrent dedans la fosse sur le cercueil ; et après s’en allèrenten la maison de l’evesque, où il y avoit ung grand bancquetpréparé. Il y avoit une fort grande affluence de peuple. Aprèsdisner, les seigneurs s’en retournèrent chez eux.