30'D :
HISTOIRE
DES
AMOURS DE HENRY QUATRIESME
B ||E Roy Henry le Grand, venu à son tour à la successionpdu Royaume de ses ancestres, ne trouva pas peu de difti-21 culte' à s’en mettre en possession, tant pour ce qu’il estoitde la nouvelle religion, que pour la re'sistance qu’il rencontra enplusieurs des plus grands de ses sujets, qui ne le vouloient pointreconnoistre. La pluspart des grandes villes tenoient leur partv,sy bien que ce fut à luy à travailler à bon escient pour un sy ho-norable intérest. Les premières armes qu’il entreprit furent enNormandie. Ce qui se passa à Arques et à Dieppe est escritpar tous les historiens du temps. Pour moy, je me contenterayde dire ce que j’ay appris et ce que j’ay veu arriver dans saCour. Je diray qu’estant venu trouver le Roy Henry III, sonprédécesseur, il y avoit dans la Guyenne une comtesse dont ilestoit très-amoureux. C’estoit la comtesse de Guiche (i), et cetteDame avoit acquis beaucoup d’empire sur ses volontez. Il aymoittous ceux qu’elle luy avoit recommandez, et entre autres lemarquis de Parabère ( 2 ), qui avoit sa sœur auprès de cetteDame.
(1) Diane Daudoins, vicomtesse de Louvigny, comtesse de Guiche..., etc..., femmeet plus tard veuve de Philibert d’Ancre, comte de Grammont. Elle envoyait à Henri IVdes levées de vingt-trois et vingt-quatre mille Gascons, qu’elle Disait à ses dépens. Elleen eut un fils, nommé Antonin, que le Roi lui offrit de reconnaître pour le sien, maisce jeune homme répondit « qu’il aimait mieux être gentilhomme que bâtard du Roy ».(journal du régne de Henri III, p. 270.)
(2) Jean de Beaudéan, marquis de Parabère. Officier calviniste, qui prit Corbie enl’absence du Roi et le servit utilement en plusieurs occasions.
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