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Tome I.
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HISTOIRE DES AMOURS DE HENRY QUATRIESME

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mcnça à ne plus faire de cas de Bellegarde et qu’il luy te'moignaqu’il ne vouloit plus de compagnon en son amour, disant qu’ilne plaignoit aucun travail pour n’en point avoir dans la Royauté',et que sa passion luy estoit plus chère que toutes choses. Belle-garde fut fort trouble' de ce langage et de l’action avec laquelleil estoit profe're', et il promit à son Maistre tout ce qui luy plut;mais Mademoiselle d’Estre'es, qui n’aymoit point le Roy et quiavoit donne' toutes ses aflections à l’autre, se courrouça mortel-lement contre ce Prince, protesta de ne l’aymer jamais, et luvreprocha qu’il vouloit luy faire perdre sa fortune, en la voulantempescher d’espouser Bellegarde, dont la recherche avoit cettefin.

Là-dessus elle partit de Mante, et se retira à la maison de sonpère. Le Roy, à qui ses ennemis n’avoient jamais donne' d’eston-nement, en reçeut un sy grand par la colère de sa maistressc,qu’il ne sçavoit à quoy se résoudre. Il creut qu’en la voyant lelendemain, il la pourroit au moins adoucir. Mais ce voyage neluy plaisoit pas en compagnie : d’y aller seul, la guerre, quiestoit allume'e de toutes parts, et deux garnisons des ennemisqui estoient sur son chemin, qu’il falloit prendre au traversd’une grande forest, formoient de merveilleuses difhcultez qu’ilne pouvoit résoudre avec personne, n’estant pas là un conseilqu’on luy pût donner. Mais son amour, passant par-dessus tout,luy ht entreprendre ce chemin de sept lieues, dont il en ht quatreà cheval, accompagne' de cinq de ses plus conhdens serviteurs,et estant arrive' à trois lieues du se'jour de sa Dame, il prit leshabits d’un paysan, mit un sac plein de paille sur sa teste, età pied se rendit à la maison où elle estoit.

Il l’avoit fait avertir le jour de devant qu’il la verroit, et il latrouva dans une galerie, seule avec sa sœur, marie'e au marquisde Balagnv (i). A l’arrive'e, elle se trouva sy surprise de voir cegrand Roy en cet équipage et fut sy mal satisfaite de ce chan-gement, qui luy sembla ridicule, qu’elle le reçeut très-mal, etplustost comme son habit le hguroit que selon ce qu’il estoit.Elle ne voulut demeurer qu’un moment avec luy, et encore ce futpour luy dire qu’il estoit sy mal quelle ne le pouvoit regarder, et elle seretira là-dessus. Sa sœur, plus civile, luy ht excuse de cette

(i) Damin de Montluc, seigneur et marquis de Balagny, fils de Jean, prince deCambrai, et de Renée de Clermont de Bussy d’Amboise.