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DES DESSOUS DE L’HISTOIRE
de Beaufort, du temps de laquelle il avoit asseuré le Roy de levenir trouver, de façon que quand il sçeut sa mort, il estoit syengage' de paroles et par lettres à faire ce voyage, qu’il ne s’enput de'dire. A son arrive'e, ce ne fut que festins et galanteries. Ilrit des pre'sens à toutes les plus belles Dames et aux principauxde la Cour, et peut-estre trop, pour le profit de quelques-uns.Les disputes pour la pre'se'ance entre les Dames ne manquèrentpas. Le Roy, y prenant plaisir, ne les terminoit point, et laMarquise, sa maistresse, s’en divertissoit. Le Duc s’en retournasans rien faire, sy bien que le Roy se re'solut à la guerre, etc’estoit aussy son chemin pour aller recevoir la Princesse deFlorence, qui fut la Reyne Marie de Me'dicis.
Il avoit envoyé sa procuration au Duc son oncle pour l’es-pouser, et Bellegarde en fut le porteur, ce qui augmenta fort lahaine que la Marquise avoit pour luy.
Le Roy conquit en moins de rien l’Estat du Duc de Savoyc,et la paix s’estant faite par l’entremise du Pape, le Roy eut soncompte. Cependant, la Reyne Marie arriva à Marseille, conduitepar une Duchesse (i), femme de son oncle, de la maison desUrsins, et par la duchesse de Mantoüe ( 2 ), sa sœur, par PaulJourdain des Ursins (3), son cousin germain, qui fut fort estiméà la Cour de France, et qui avoit esté fort amoureux de cettePrincesse avant qu’elle fût Reyne. Elle fut reçeüe par deuxCardinaux, par le Connestable, par le Chancelier, par le duc deGuise, gouverneur de cette province, par les princesses douai-rières de Nemours et de Guise, par Mademoiselle de Guise etpar plusieurs Dames, et entre autres par la marquise de Guer-cheville, que le Roy avoit aymée, comme nous l’avons remarqué.L’ayant trouvée plus vertueuse qu’il n’eût voulu, il luy dit « que» puisqu’elle estoit véritablement Dame d’honneur, elle la seroit» de la Reyne, sa femme », et il luy tint parole au bout de dixans, car il y avoit alors autant de temps qu’il l’avoit aymée.
La Reyne fut conduite avec toutes sortes de magnificencesjusqu’à la ville, où le Roy la vint trouver, et les cérémonies desnopces s’y achevèrent. Deux des filles du Connestable, la du-
(1) Femme de don Joan, oncle de Marie de Médicis, bâtard de la maison de Médicis.
(2) Eléonore de Médicis, femme du duc Vincent, sœur de Marie de Médicis, marrainedu Dauphin.
(j).'Virgile Ursin de Braciane, cousin de Marie de Médicis.